Avant hier soir, avant ma sortie providentielle du vendredi, je n'ai donc pas résisté à l'envie d'allumer ma télé pour jeter un ½il aux premières minutes des Secrets des Enfoirés...et ces quelques instants m'ont plongé dans une euphorie peu commune. Et tanpis si je ne vois pas la fin cette fois. Pourquoi? Parce que ce spectacle là, je l'avais vu en live un mois plus tôt...
Qui d'autre que Nikou et mes deux Agnès auraient été de meilleure compagnie pour partir à l'assaut du Zénith de Strasbourg flambant neuf. Ma fibre Alsacienne ne pouvait décemment pas laisser passer un événement pareil, il était évident que je ferais le trajet depuis Lyon pour retrouver mes collègues régionaux.
L'expédition n'a pourtant pas été des plus simples...le voyage jusqu'à Strasbourg, ça on a géré. Retrouver Nenesse sur le parking d'Ikéa à 14h, ça on a géré. Mais emprunter le bon chemin jusqu'à la salle de concert, ça ça a été particulièrement éprouvant. Après une heure et demie à tourner en rond sur l'autoroute, on finit par apercevoir le gigantesque dôme orange...Banco !
Rassurées de constater que la foule présente n'est de loin pas aussi dense que ce que nous redoutions. On s'installe dans la première file. Et comme d'habitude, on attend. Je ne sais si c'est la combinaison gagnante des 4A (Annick, Agnès, Anne et Agnès...pour ceux qui ne suivent pas !), les blagues hautement recherchées de Nenesse (« c'est quoi une lesbienne sans seins ? une omoplate »...rigolez, vous la vexeriez), nos cris stridents de « Garouuuuuuuuuu » (pourquoi Garou, on se demande toujours...) fendant le silence ou le récital de comptines pour enfants, toujours est-il que le temps est passé bien plus vite que lors de mes précédentes escapades musicales...
Les portes s'ouvrent et nous découvrons une fosse à peine investie, devant un décor médiéval promettant une belle soirée. Voilà. 5m de la scène, prêtes à donner du c½ur et de la voix. C'est précisément au moment où les deux Nenesse décident subrepticement de quitter notre sitting pour aller chercher à boire et à manger, que la foule se lève pour aller s'entasser sur les barrières. Mouvement de panique, comment allons retrouver nos potesses dans cet amas de fans ? Bonne étoile ou culot, vingt minutes plus tard j'entends Agnès hurler nos noms en s'incrustant entre nous...ouf, les 4A sont au complet, on peut commencer !
Comment décrire la folle excitation qui s'empare de nous quand les lumières s'éteignent et que les cris s'élèvent de toutes parts, c'est à peine descriptible. Des barques arrivent de notre droite, et 29 Enfoirés s'avancent lentement, masqués et drapés dans de longues capes. Seules leurs voix nous permettent de les reconnaître. A la fin de la chanson, ils se tiennent bien droits devant nous et l'on ne sait plus où donner de la tête...je suis dans un tel état que tout ce que je parviens à articuler entre deux hurlements entrecoupés de soubresauts, sont des « y'en a troooooop mais y'en a troooooooooop » suraigus. Quand enfin, les artistes tombent leurs masques, je découvre en face de moi Patrick Bruel, Christophe Maé et Garou...ma brochette préférée !
Dès lors, et pendant quatre heures de show survolté, nous n'aurons de cesse de profiter au maximum de ce qui nous est offert. Les tableaux s'enchaînent, les chansons nous enchantent, et Mimie Mathy nous honore d'une désormais cultissime chansonnette alsacienne : « la p'tite cigogne tombée du nid, yalaïlaïli yalaïlaïli, elle est tombée, elle a fait plof, elle a la tête comme un Kougelhopf »...
Le temps défile et déjà la Chanson des Restos résonne dans la salle. Sur les écrans géants, le portait de Coluche nous rappelle pourquoi nous sommes là.
Et la musique s'évanouie sous les confettis et la fête...
