Quand on m'a appris que j'allais recevoir Patrick Bruel pour l'avant-première du film « Le code a changé », j'ai comme tout être féminin normalement constitué, émis un long « Patriiiiiiiick » suraigu avant de tomber dans les pommes. Ou presque.
Après quatre mois de stage et une vingtaine d'acteurs à mon palmarès, l'idée de rencontrer le comédien-chanteur n'aurait pas du me troubler plus que ça. Effectivement, j'aurais pu vous parler de mon voyage en taxi assise quasiment sur les genoux de Tomer Sisley, des blagues incessantes de Florence Foresti, du caractère bien trempé de Vincent Lindon, de la voix virile de Gérard Lanvin, de la sensibilité de PEF ou de la gentillesse de Gérard Jugnot. Mais j'ai choisi de vous narrer ma soirée avec Monsieur-à-la-voix-cassée parce que d'une part, j'aime l'acteur, d'autre part, j'adore le chanteur. Deux bonnes raisons de trépigner d'impatience à l'idée de lui serrer la paluche, de voir son film et de lui murmurer que « j'ai tous vos disques » (non ça je ne l'ai pas dit...professionnalisme exige !).
Et avouons-le, il y a un truc bizarre avec Patrick Bruel, cet engouement intergénérationnel qui rend systématiquement hystérique à la simple prononciation de son nom. Qu'est-ce qu'il a donc de si spécial qui fait que trois semaines avant la soirée des dizaines de ménagères de plus et moins de 50 ans m'aient téléphoné, fébriles, pour être bien sûres qu' « il » serait bien là...et bien en l'espace d'une soirée, j'ai trouvé la réponse !
Mardi 20 janvier, 17h30, je pousse la porte du plus bel hôtel de Lyon pour y accueillir les journalistes et photographes présents pour la conférence de presse. J'y retrouve Mario, personnage atypique sans âge et qui depuis des décennies prend des clichés de stars aux quatre coins de la France. Il s'approche de moi et me dit « il va être content de me voir Patrick, on se connaît bien, si tu veux, je vous prendrai en photo tous les deux ». Je lui explique que j'adorerais mais que je ne suis pas là pour ça, qu'il aura certainement plus sérieux à faire.
17h45, l'homme tant convoité arrive dans le hall, le cheveu en bataille, une écharpe autour du cou. Il dit bonjour à tous les journalistes puis se plante devant moi, me tend la main, souriant. A ce moment précis, le mystère Bruel opère et ma première pensée est « arf c'est vrai qu'il est carrément charmant », tandis que mes cordes vocales se chargent du « bonjour, on va commencer par une interview radio si vous voulez bien, y'en a pour dix minutes ». Je le laisse répondre aux questions et retourne vers ma responsable de stage pour lui glisser « aaaah j'lui ai serré la main t'as vu ???!!!! ». Ridicule.
Un quart d'heure plus tard, Vanessa m'entraîne vers lui avec Mario en me disant « viens on fait ta photo vite fait ». Je crie « mais nannn j'vais me taper l'affiche », mais trop tard il est là devant moi et j'entends Vanessa lui demander « ma stagiaire est fan de vous, elle voudrait une photo, c'est possible ? ». Je le fixe avec un air de supplication en étouffant un « j'voudrais pas abuser ». Amusé, il sourit : « pas de problème, c'est 50 euros » et me prend par la taille...
Moi dans mon incroyable sens de la répartie : « ah oui mais c'est les soldes, on peut négocier non ? ». Lui : « Parce que tu crois que je vais me brader peut-être ? ». Je rigole nerveusement, lui est totalement détendu. Ah oui, c'est son boulot. Alors que Mario met un millénaire à déclencher son flash, Patrick se penche tout près de moi (quand je dis tout près, c'est à trois centimètres de mon visage) et murmure « moi j'ai le temps je suis bien là, pas toi ? ». Je réponds « Oh que si ! ». Et je tremble.
Soyons lucide, le phénomène connaît son potentiel et joue de sa séduction. J'en suis consciente mais ne peux m'empêcher d'être charmée. Sans compter qu'il pourrait être mon père. Oui je sais, je suis faible...
Mario fait enfin trois beaux clichés qu'il promet de développer, je remercie du mieux que je peux l'acteur qui m'enlace par l'épaule et m'assure que « c'était un plaisir ». Clin d'½il. Glurps.
En attendant la réalisatrice (Danièle Thompson) et son fils également acteur (Christopher Thompson), Patrick nous fait la conversation : « Vous savez que je reviens à Lyon en mars pour un concert, j'suis content on jouera dans une petite salle...si vous voulez je vous invite ». Re-glurps. Regard de merlant fris à Vanessa, je suis incapable d'émettre un mot tant la surprise est grande. Elle répond « vraiment ? ça doit être déjà complet non ? ». Il rétorque que « comme vous me voyez là, je vous assure que si vous venez je vous fais entrer ! ». Glurps puissance 1000. « Ah ben dans ce cas, avec plaisir alors, merci beaucoup ».
Voilà, j'aurais pu partir heureuse après cette invitation à peine croyable, mais croyez-moi j'ai bien fait de rester...
18h15, l'équipe du film et les journalistes s'installent dans la salle de conférence, je m'apprête à refermer la porte quand j'entends « eh mais rentre, viens, on va pas laisser la stagiaire sur le pas de la porte quand même ». Moi, rouge telle la pivoine, me faufile tout au fond de la pièce et m'assois discrètement, enfin le plus discrètement possible.
Une heure passe, les questions fusent, les réponses sont drôles et toujours intelligentes. Vanessa remercie tout ce petit monde tandis que je me dépêche de sortir. Je dois retourner au cinéma pour accueillir les invités de l'avant-première pendant que l'équipe va au restaurant...
20h45, la salle est comble (98% de femmes, tous âges confondus...curieux. Ou pas !), le film est lancé, mon contrat s'arrête là, j'ai le droit de rentrer chez moi.
Seulement voilà, l'envie de revoir Patriiiiiiiiick et d'assister au débat avec le public après le générique de fin est poignante. Chiche, je reste !
A 22h, je suis alertée par des flash qui fusent dans le hall. Banco, ils sont de retour.
Vanessa me voit, sourit et me dit « j'étais sûre que tu serais encore là. En tout cas il t'a réclamé au resto, il a dit que tu étais si charmante »............................................
Comment rester calme après ça, je vous le demande ! Je m'épate cependant de ma décontraction apparente quand il arrive à mon niveau et que son visage s'illumine (je vous assure que je n'exagère pas) ; il m'attire dans ses bras : « aaaaah te revoilà, tu étais où ? c'est dommage que tu n'aies pas mangé avec nous, tu m'a manqué »................................................du tac au tac j'embraye (je vous dis, je m'épate) « j'aurais adoré mais fallait que j'accueille tous vos invités pour vous faire une jolie salle ». Il sourit, le directeur du cinéma qui depuis quatre mois ne m'a accordé que peu d'intérêt (non en fait, aucun intérêt du tout) nous regarde hébété. Scène surréaliste en effet, Patrick me demande si la salle est pleine, je lui demande comment était son repas, il me parle de l'investiture de Barack Obama, je lui montre le bureau où je travaille. Depuis, monsieur le directeur est aux petits oignons avec moi, me demande comment je vais, s'inquiète de mon travail et me dit au revoir en partant le soir. Pour ça, merci Patrick ! ;)
On arrive devant la salle, ils veulent regarder discrètement la fin du film et sonder les impressions du public. Je me mets à côté du chanteur, dans l'escalier. Autour de nous, quelques personnes s'agitent après avoir reconnu l'homme tant attendu.
Il se penche vers moi et me murmure au creux de l'oreille « tu l'as vu le film déjà ? » ; moi « oui ce matin » ; lui « t'as aimé ? » ; moi « beaucoup, j'ai ri et pleuré en même temps...je suis un brin sensible, oui je sais » ; lui rigole et m'approchant tout contre lui, me caresse la nuque. Je répète histoire que vous ayez bien saisi : IL ME CARESSE LA NUQUE !!!!!!!!!! lol
C'en est trop pour moi, je n'arrive plus à masquer ce sourire niais sur ma bouche.
Les dernières répliques s'entendent à l'écran, Bruel me demande où il pourra mettre sa veste pendant le débat, je lui dis que je peux lui garder, il dit « t'es sûre ? » je confirme « C'est pas tous les jours que je peux être le porte manteau de Patrick Bruel, je vais pouvoir me la péter grave après ça donc oui, je suis sûre ! ». Il se marre franchement et me dit « bon mais attention hein y'a pleins de trucs dans les poches ». Moi sans me démonter : « oula faut pas me dire ça je vais être tentée de fouiller ! ». Re-marrade, re-calin de nuque et il me tend ses affaires. Yesssssssssss !
Le débat dure une demi-heure, le public n'en a que pour monsieur Place des grands hommes (moi y compris, c'est vrai), mais tout se déroule bien. Dès la fin des questions, 200 groupies se jettent sur lui, lui tendant papiers et stylo, réclamant une photo, hurlant sont prénom. Assistant à tout ça de loin, je me dis que le phénomène est vraiment impressionnant, voire effrayant, mais je ne blâme personne, j'ai déjà été parmi ces foules-là...
Après avoir répondu à toutes les attentes (les plus décentes en tout cas !lol) et près de la sortie, je lui rends son manteau, il me remercie et me tend une lettre qu'une petite fille lui a donné : « tu peux me tenir ça stp ? ». Je saisis la missive sous les regards médusés des fans euphoriques. Curieuse sensation.
En sortant il me demande mon avis sur la soirée, il est content du déroulement des choses, a apprécié l'accueil.
Son téléphone sonne, il répond tout en étant toujours harcelé de tous les côtés, puis visiblement irrité par sa conversation, crie dans le combiné. Je préfère me mettre en retrait et le laisser se calmer, tout en veillant à ce qu'il suive le bon chemin.
Devant la voiture 50 femmes frigorifiées attendent encore. Excédé, il accélère le pas pour se jeter dans son taxi. Je le rattrape par la manche, le hèle : « Patrick, je te rends ça ! » en lui tendant l'enveloppe. Il s'arrête soudain, affiche un ultime sourire, me prend dans ses bras, me fait la bise en me remerciant pour tout, « et à bientôt ». Je le remercie à mon tour lui souhaite bonne continuation.
Dernier clin d'½il et il disparaît derrière les vitres teintées alors que deux mères de familles s'approchent de moi et me demandent si je le « connais ». Je réponds que « non pas vraiment », la tête ailleurs, et me dirige vers mon bus. Il est une heure du matin quand je me couche, je rejoue dans ma tête le scénario improbable que je viens de vivre, le sommeil n'aura raison de ma surexcitation qu'à cinq heures et demie...
Après quatre mois de stage et une vingtaine d'acteurs à mon palmarès, l'idée de rencontrer le comédien-chanteur n'aurait pas du me troubler plus que ça. Effectivement, j'aurais pu vous parler de mon voyage en taxi assise quasiment sur les genoux de Tomer Sisley, des blagues incessantes de Florence Foresti, du caractère bien trempé de Vincent Lindon, de la voix virile de Gérard Lanvin, de la sensibilité de PEF ou de la gentillesse de Gérard Jugnot. Mais j'ai choisi de vous narrer ma soirée avec Monsieur-à-la-voix-cassée parce que d'une part, j'aime l'acteur, d'autre part, j'adore le chanteur. Deux bonnes raisons de trépigner d'impatience à l'idée de lui serrer la paluche, de voir son film et de lui murmurer que « j'ai tous vos disques » (non ça je ne l'ai pas dit...professionnalisme exige !).
Et avouons-le, il y a un truc bizarre avec Patrick Bruel, cet engouement intergénérationnel qui rend systématiquement hystérique à la simple prononciation de son nom. Qu'est-ce qu'il a donc de si spécial qui fait que trois semaines avant la soirée des dizaines de ménagères de plus et moins de 50 ans m'aient téléphoné, fébriles, pour être bien sûres qu' « il » serait bien là...et bien en l'espace d'une soirée, j'ai trouvé la réponse !
Mardi 20 janvier, 17h30, je pousse la porte du plus bel hôtel de Lyon pour y accueillir les journalistes et photographes présents pour la conférence de presse. J'y retrouve Mario, personnage atypique sans âge et qui depuis des décennies prend des clichés de stars aux quatre coins de la France. Il s'approche de moi et me dit « il va être content de me voir Patrick, on se connaît bien, si tu veux, je vous prendrai en photo tous les deux ». Je lui explique que j'adorerais mais que je ne suis pas là pour ça, qu'il aura certainement plus sérieux à faire.
17h45, l'homme tant convoité arrive dans le hall, le cheveu en bataille, une écharpe autour du cou. Il dit bonjour à tous les journalistes puis se plante devant moi, me tend la main, souriant. A ce moment précis, le mystère Bruel opère et ma première pensée est « arf c'est vrai qu'il est carrément charmant », tandis que mes cordes vocales se chargent du « bonjour, on va commencer par une interview radio si vous voulez bien, y'en a pour dix minutes ». Je le laisse répondre aux questions et retourne vers ma responsable de stage pour lui glisser « aaaah j'lui ai serré la main t'as vu ???!!!! ». Ridicule.
Un quart d'heure plus tard, Vanessa m'entraîne vers lui avec Mario en me disant « viens on fait ta photo vite fait ». Je crie « mais nannn j'vais me taper l'affiche », mais trop tard il est là devant moi et j'entends Vanessa lui demander « ma stagiaire est fan de vous, elle voudrait une photo, c'est possible ? ». Je le fixe avec un air de supplication en étouffant un « j'voudrais pas abuser ». Amusé, il sourit : « pas de problème, c'est 50 euros » et me prend par la taille...
Moi dans mon incroyable sens de la répartie : « ah oui mais c'est les soldes, on peut négocier non ? ». Lui : « Parce que tu crois que je vais me brader peut-être ? ». Je rigole nerveusement, lui est totalement détendu. Ah oui, c'est son boulot. Alors que Mario met un millénaire à déclencher son flash, Patrick se penche tout près de moi (quand je dis tout près, c'est à trois centimètres de mon visage) et murmure « moi j'ai le temps je suis bien là, pas toi ? ». Je réponds « Oh que si ! ». Et je tremble.
Soyons lucide, le phénomène connaît son potentiel et joue de sa séduction. J'en suis consciente mais ne peux m'empêcher d'être charmée. Sans compter qu'il pourrait être mon père. Oui je sais, je suis faible...
Mario fait enfin trois beaux clichés qu'il promet de développer, je remercie du mieux que je peux l'acteur qui m'enlace par l'épaule et m'assure que « c'était un plaisir ». Clin d'½il. Glurps.
En attendant la réalisatrice (Danièle Thompson) et son fils également acteur (Christopher Thompson), Patrick nous fait la conversation : « Vous savez que je reviens à Lyon en mars pour un concert, j'suis content on jouera dans une petite salle...si vous voulez je vous invite ». Re-glurps. Regard de merlant fris à Vanessa, je suis incapable d'émettre un mot tant la surprise est grande. Elle répond « vraiment ? ça doit être déjà complet non ? ». Il rétorque que « comme vous me voyez là, je vous assure que si vous venez je vous fais entrer ! ». Glurps puissance 1000. « Ah ben dans ce cas, avec plaisir alors, merci beaucoup ».
Voilà, j'aurais pu partir heureuse après cette invitation à peine croyable, mais croyez-moi j'ai bien fait de rester...
18h15, l'équipe du film et les journalistes s'installent dans la salle de conférence, je m'apprête à refermer la porte quand j'entends « eh mais rentre, viens, on va pas laisser la stagiaire sur le pas de la porte quand même ». Moi, rouge telle la pivoine, me faufile tout au fond de la pièce et m'assois discrètement, enfin le plus discrètement possible.
Une heure passe, les questions fusent, les réponses sont drôles et toujours intelligentes. Vanessa remercie tout ce petit monde tandis que je me dépêche de sortir. Je dois retourner au cinéma pour accueillir les invités de l'avant-première pendant que l'équipe va au restaurant...
20h45, la salle est comble (98% de femmes, tous âges confondus...curieux. Ou pas !), le film est lancé, mon contrat s'arrête là, j'ai le droit de rentrer chez moi.
Seulement voilà, l'envie de revoir Patriiiiiiiiick et d'assister au débat avec le public après le générique de fin est poignante. Chiche, je reste !
A 22h, je suis alertée par des flash qui fusent dans le hall. Banco, ils sont de retour.
Vanessa me voit, sourit et me dit « j'étais sûre que tu serais encore là. En tout cas il t'a réclamé au resto, il a dit que tu étais si charmante »............................................
Comment rester calme après ça, je vous le demande ! Je m'épate cependant de ma décontraction apparente quand il arrive à mon niveau et que son visage s'illumine (je vous assure que je n'exagère pas) ; il m'attire dans ses bras : « aaaaah te revoilà, tu étais où ? c'est dommage que tu n'aies pas mangé avec nous, tu m'a manqué »................................................du tac au tac j'embraye (je vous dis, je m'épate) « j'aurais adoré mais fallait que j'accueille tous vos invités pour vous faire une jolie salle ». Il sourit, le directeur du cinéma qui depuis quatre mois ne m'a accordé que peu d'intérêt (non en fait, aucun intérêt du tout) nous regarde hébété. Scène surréaliste en effet, Patrick me demande si la salle est pleine, je lui demande comment était son repas, il me parle de l'investiture de Barack Obama, je lui montre le bureau où je travaille. Depuis, monsieur le directeur est aux petits oignons avec moi, me demande comment je vais, s'inquiète de mon travail et me dit au revoir en partant le soir. Pour ça, merci Patrick ! ;)
On arrive devant la salle, ils veulent regarder discrètement la fin du film et sonder les impressions du public. Je me mets à côté du chanteur, dans l'escalier. Autour de nous, quelques personnes s'agitent après avoir reconnu l'homme tant attendu.
Il se penche vers moi et me murmure au creux de l'oreille « tu l'as vu le film déjà ? » ; moi « oui ce matin » ; lui « t'as aimé ? » ; moi « beaucoup, j'ai ri et pleuré en même temps...je suis un brin sensible, oui je sais » ; lui rigole et m'approchant tout contre lui, me caresse la nuque. Je répète histoire que vous ayez bien saisi : IL ME CARESSE LA NUQUE !!!!!!!!!! lol
C'en est trop pour moi, je n'arrive plus à masquer ce sourire niais sur ma bouche.
Les dernières répliques s'entendent à l'écran, Bruel me demande où il pourra mettre sa veste pendant le débat, je lui dis que je peux lui garder, il dit « t'es sûre ? » je confirme « C'est pas tous les jours que je peux être le porte manteau de Patrick Bruel, je vais pouvoir me la péter grave après ça donc oui, je suis sûre ! ». Il se marre franchement et me dit « bon mais attention hein y'a pleins de trucs dans les poches ». Moi sans me démonter : « oula faut pas me dire ça je vais être tentée de fouiller ! ». Re-marrade, re-calin de nuque et il me tend ses affaires. Yesssssssssss !
Le débat dure une demi-heure, le public n'en a que pour monsieur Place des grands hommes (moi y compris, c'est vrai), mais tout se déroule bien. Dès la fin des questions, 200 groupies se jettent sur lui, lui tendant papiers et stylo, réclamant une photo, hurlant sont prénom. Assistant à tout ça de loin, je me dis que le phénomène est vraiment impressionnant, voire effrayant, mais je ne blâme personne, j'ai déjà été parmi ces foules-là...
Après avoir répondu à toutes les attentes (les plus décentes en tout cas !lol) et près de la sortie, je lui rends son manteau, il me remercie et me tend une lettre qu'une petite fille lui a donné : « tu peux me tenir ça stp ? ». Je saisis la missive sous les regards médusés des fans euphoriques. Curieuse sensation.
En sortant il me demande mon avis sur la soirée, il est content du déroulement des choses, a apprécié l'accueil.
Son téléphone sonne, il répond tout en étant toujours harcelé de tous les côtés, puis visiblement irrité par sa conversation, crie dans le combiné. Je préfère me mettre en retrait et le laisser se calmer, tout en veillant à ce qu'il suive le bon chemin.
Devant la voiture 50 femmes frigorifiées attendent encore. Excédé, il accélère le pas pour se jeter dans son taxi. Je le rattrape par la manche, le hèle : « Patrick, je te rends ça ! » en lui tendant l'enveloppe. Il s'arrête soudain, affiche un ultime sourire, me prend dans ses bras, me fait la bise en me remerciant pour tout, « et à bientôt ». Je le remercie à mon tour lui souhaite bonne continuation.
Dernier clin d'½il et il disparaît derrière les vitres teintées alors que deux mères de familles s'approchent de moi et me demandent si je le « connais ». Je réponds que « non pas vraiment », la tête ailleurs, et me dirige vers mon bus. Il est une heure du matin quand je me couche, je rejoue dans ma tête le scénario improbable que je viens de vivre, le sommeil n'aura raison de ma surexcitation qu'à cinq heures et demie...
J'sais bien qu'on l'a trop dit, mais j'le dis quand même...je l'aime... ;)




