J'vous l'dis quand même...

Quand on m'a appris que j'allais recevoir Patrick Bruel pour l'avant-première du film « Le code a changé », j'ai comme tout être féminin normalement constitué, émis un long « Patriiiiiiiick » suraigu avant de tomber dans les pommes. Ou presque.
Après quatre mois de stage et une vingtaine d'acteurs à mon palmarès, l'idée de rencontrer le comédien-chanteur n'aurait pas du me troubler plus que ça. Effectivement, j'aurais pu vous parler de mon voyage en taxi assise quasiment sur les genoux de Tomer Sisley, des blagues incessantes de Florence Foresti, du caractère bien trempé de Vincent Lindon, de la voix virile de Gérard Lanvin, de la sensibilité de PEF ou de la gentillesse de Gérard Jugnot. Mais j'ai choisi de vous narrer ma soirée avec Monsieur-à-la-voix-cassée parce que d'une part, j'aime l'acteur, d'autre part, j'adore le chanteur. Deux bonnes raisons de trépigner d'impatience à l'idée de lui serrer la paluche, de voir son film et de lui murmurer que « j'ai tous vos disques » (non ça je ne l'ai pas dit...professionnalisme exige !).
Et avouons-le, il y a un truc bizarre avec Patrick Bruel, cet engouement intergénérationnel qui rend systématiquement hystérique à la simple prononciation de son nom. Qu'est-ce qu'il a donc de si spécial qui fait que trois semaines avant la soirée des dizaines de ménagères de plus et moins de 50 ans m'aient téléphoné, fébriles, pour être bien sûres qu' « il » serait bien là...et bien en l'espace d'une soirée, j'ai trouvé la réponse !

Mardi 20 janvier, 17h30, je pousse la porte du plus bel hôtel de Lyon pour y accueillir les journalistes et photographes présents pour la conférence de presse. J'y retrouve Mario, personnage atypique sans âge et qui depuis des décennies prend des clichés de stars aux quatre coins de la France. Il s'approche de moi et me dit « il va être content de me voir Patrick, on se connaît bien, si tu veux, je vous prendrai en photo tous les deux ». Je lui explique que j'adorerais mais que je ne suis pas là pour ça, qu'il aura certainement plus sérieux à faire.

17h45, l'homme tant convoité arrive dans le hall, le cheveu en bataille, une écharpe autour du cou. Il dit bonjour à tous les journalistes puis se plante devant moi, me tend la main, souriant. A ce moment précis, le mystère Bruel opère et ma première pensée est « arf c'est vrai qu'il est carrément charmant », tandis que mes cordes vocales se chargent du « bonjour, on va commencer par une interview radio si vous voulez bien, y'en a pour dix minutes ». Je le laisse répondre aux questions et retourne vers ma responsable de stage pour lui glisser « aaaah j'lui ai serré la main t'as vu ???!!!! ». Ridicule.

Un quart d'heure plus tard, Vanessa m'entraîne vers lui avec Mario en me disant « viens on fait ta photo vite fait ». Je crie « mais nannn j'vais me taper l'affiche », mais trop tard il est là devant moi et j'entends Vanessa lui demander « ma stagiaire est fan de vous, elle voudrait une photo, c'est possible ? ». Je le fixe avec un air de supplication en étouffant un « j'voudrais pas abuser ». Amusé, il sourit : « pas de problème, c'est 50 euros » et me prend par la taille...
Moi dans mon incroyable sens de la répartie : « ah oui mais c'est les soldes, on peut négocier non ? ». Lui : « Parce que tu crois que je vais me brader peut-être ? ». Je rigole nerveusement, lui est totalement détendu. Ah oui, c'est son boulot. Alors que Mario met un millénaire à déclencher son flash, Patrick se penche tout près de moi (quand je dis tout près, c'est à trois centimètres de mon visage) et murmure « moi j'ai le temps je suis bien là, pas toi ? ». Je réponds « Oh que si ! ». Et je tremble.
Soyons lucide, le phénomène connaît son potentiel et joue de sa séduction. J'en suis consciente mais ne peux m'empêcher d'être charmée. Sans compter qu'il pourrait être mon père. Oui je sais, je suis faible...
Mario fait enfin trois beaux clichés qu'il promet de développer, je remercie du mieux que je peux l'acteur qui m'enlace par l'épaule et m'assure que « c'était un plaisir ». Clin d'½il. Glurps.

En attendant la réalisatrice (Danièle Thompson) et son fils également acteur (Christopher Thompson), Patrick nous fait la conversation : « Vous savez que je reviens à Lyon en mars pour un concert, j'suis content on jouera dans une petite salle...si vous voulez je vous invite ». Re-glurps. Regard de merlant fris à Vanessa, je suis incapable d'émettre un mot tant la surprise est grande. Elle répond « vraiment ? ça doit être déjà complet non ? ». Il rétorque que « comme vous me voyez là, je vous assure que si vous venez je vous fais entrer ! ». Glurps puissance 1000. « Ah ben dans ce cas, avec plaisir alors, merci beaucoup ».
Voilà, j'aurais pu partir heureuse après cette invitation à peine croyable, mais croyez-moi j'ai bien fait de rester...

18h15, l'équipe du film et les journalistes s'installent dans la salle de conférence, je m'apprête à refermer la porte quand j'entends « eh mais rentre, viens, on va pas laisser la stagiaire sur le pas de la porte quand même ». Moi, rouge telle la pivoine, me faufile tout au fond de la pièce et m'assois discrètement, enfin le plus discrètement possible.
Une heure passe, les questions fusent, les réponses sont drôles et toujours intelligentes. Vanessa remercie tout ce petit monde tandis que je me dépêche de sortir. Je dois retourner au cinéma pour accueillir les invités de l'avant-première pendant que l'équipe va au restaurant...
20h45, la salle est comble (98% de femmes, tous âges confondus...curieux. Ou pas !), le film est lancé, mon contrat s'arrête là, j'ai le droit de rentrer chez moi.

Seulement voilà, l'envie de revoir Patriiiiiiiiick et d'assister au débat avec le public après le générique de fin est poignante. Chiche, je reste !

A 22h, je suis alertée par des flash qui fusent dans le hall. Banco, ils sont de retour.
Vanessa me voit, sourit et me dit « j'étais sûre que tu serais encore là. En tout cas il t'a réclamé au resto, il a dit que tu étais si charmante »............................................
Comment rester calme après ça, je vous le demande ! Je m'épate cependant de ma décontraction apparente quand il arrive à mon niveau et que son visage s'illumine (je vous assure que je n'exagère pas) ; il m'attire dans ses bras : « aaaaah te revoilà, tu étais où ? c'est dommage que tu n'aies pas mangé avec nous, tu m'a manqué »................................................du tac au tac j'embraye (je vous dis, je m'épate) « j'aurais adoré mais fallait que j'accueille tous vos invités pour vous faire une jolie salle ». Il sourit, le directeur du cinéma qui depuis quatre mois ne m'a accordé que peu d'intérêt (non en fait, aucun intérêt du tout) nous regarde hébété. Scène surréaliste en effet, Patrick me demande si la salle est pleine, je lui demande comment était son repas, il me parle de l'investiture de Barack Obama, je lui montre le bureau où je travaille. Depuis, monsieur le directeur est aux petits oignons avec moi, me demande comment je vais, s'inquiète de mon travail et me dit au revoir en partant le soir. Pour ça, merci Patrick ! ;)

On arrive devant la salle, ils veulent regarder discrètement la fin du film et sonder les impressions du public. Je me mets à côté du chanteur, dans l'escalier. Autour de nous, quelques personnes s'agitent après avoir reconnu l'homme tant attendu.
Il se penche vers moi et me murmure au creux de l'oreille « tu l'as vu le film déjà ? » ; moi « oui ce matin » ; lui « t'as aimé ? » ; moi « beaucoup, j'ai ri et pleuré en même temps...je suis un brin sensible, oui je sais » ; lui rigole et m'approchant tout contre lui, me caresse la nuque. Je répète histoire que vous ayez bien saisi : IL ME CARESSE LA NUQUE !!!!!!!!!! lol

C'en est trop pour moi, je n'arrive plus à masquer ce sourire niais sur ma bouche.
Les dernières répliques s'entendent à l'écran, Bruel me demande où il pourra mettre sa veste pendant le débat, je lui dis que je peux lui garder, il dit « t'es sûre ? » je confirme « C'est pas tous les jours que je peux être le porte manteau de Patrick Bruel, je vais pouvoir me la péter grave après ça donc oui, je suis sûre ! ». Il se marre franchement et me dit « bon mais attention hein y'a pleins de trucs dans les poches ». Moi sans me démonter : « oula faut pas me dire ça je vais être tentée de fouiller ! ». Re-marrade, re-calin de nuque et il me tend ses affaires. Yesssssssssss !

Le débat dure une demi-heure, le public n'en a que pour monsieur Place des grands hommes (moi y compris, c'est vrai), mais tout se déroule bien. Dès la fin des questions, 200 groupies se jettent sur lui, lui tendant papiers et stylo, réclamant une photo, hurlant sont prénom. Assistant à tout ça de loin, je me dis que le phénomène est vraiment impressionnant, voire effrayant, mais je ne blâme personne, j'ai déjà été parmi ces foules-là...
Après avoir répondu à toutes les attentes (les plus décentes en tout cas !lol) et près de la sortie, je lui rends son manteau, il me remercie et me tend une lettre qu'une petite fille lui a donné : « tu peux me tenir ça stp ? ». Je saisis la missive sous les regards médusés des fans euphoriques. Curieuse sensation.
En sortant il me demande mon avis sur la soirée, il est content du déroulement des choses, a apprécié l'accueil.

Son téléphone sonne, il répond tout en étant toujours harcelé de tous les côtés, puis visiblement irrité par sa conversation, crie dans le combiné. Je préfère me mettre en retrait et le laisser se calmer, tout en veillant à ce qu'il suive le bon chemin.
Devant la voiture 50 femmes frigorifiées attendent encore. Excédé, il accélère le pas pour se jeter dans son taxi. Je le rattrape par la manche, le hèle : « Patrick, je te rends ça ! » en lui tendant l'enveloppe. Il s'arrête soudain, affiche un ultime sourire, me prend dans ses bras, me fait la bise en me remerciant pour tout, « et à bientôt ». Je le remercie à mon tour lui souhaite bonne continuation.
Dernier clin d'½il et il disparaît derrière les vitres teintées alors que deux mères de familles s'approchent de moi et me demandent si je le « connais ». Je réponds que « non pas vraiment », la tête ailleurs, et me dirige vers mon bus. Il est une heure du matin quand je me couche, je rejoue dans ma tête le scénario improbable que je viens de vivre, le sommeil n'aura raison de ma surexcitation qu'à cinq heures et demie...

J'sais bien qu'on l'a trop dit, mais j'le dis quand même...je l'aime... ;)



J'vous l'dis quand même...

# Posté le jeudi 22 janvier 2009 15:00

Modifié le mercredi 22 avril 2009 09:29

Quoi de 9 cette année...

Vous avez remarqué la pression que l'on se met quand arrive minuit un 31 décembre ? A moins que ce ne soit qu'un phénomène purement féminin. Ou juste propre à moi-même. Surtout que c'est totalement et définitivement absurde. Ce n'est pas parce que l'on passe d'une année à l'autre que ça va tout changer.
Terminer mon mémoire dans les délais, réussir mes exams, décider de quoi faire ensuite, trouver un garçon (Célibataire. Et drôle. Et beau. Et intelligent. Et célibataire. Et fidèle. Et qui m'aime. Et surtout, célibataire.) qui vaut vraiment la peine que je m'y attarde, garder la santé et les amis. Soyons lucide une seconde, ce n'est pas parce qu'en une minute on tombe dans 2009 que tout ça va me tomber dessus, mais bel et bien si je décide que j'en suis capable.

Toujours est-il que sans trop comprendre pourquoi, le réveillon est un moment important pour moi et il m'est important de le passer avec des gens qui le méritent.
Je deviens peut-être un brin trop sensible, c'est vrai, mais quand on est exilé à Lyon pendant que ses meilleurs amis vivent des rebondissements dignes d'un épisode de Dawson's Creek, je vous assure qu'il devient primordial de ne surtout pas rater cette soirée là. Et c'est cette peur poignante de revenir un jour et de m'apercevoir que je ne fais plus partie du groupe à force d'avoir passé tellement de temps loin d'eux qui me pousse à faire Lyon-Mulhouse le 31 décembre sans réfléchir aux problèmes d'organisation que cela peut engendrer. Mais arriver chez moi et voir qu'ils sont (presque) tous là comme prévu, que la table est prête et que tout le monde m'attend, croyez-moi, ça fait du bien à l'âme et au c½ur.
Bien sûr c'est la fin de 365 jours d'une vie pas toujours évidente. On repense à ce que l'on a fait, pas fait ou ce que l'on n'aurait pas du faire. Et puis...

5 4 3 2 1...2009.


Alors quoi de 9 cette année ? Des rires, des larmes, des fêtes, des invités surprises, des calins consolateurs, des drames, des réconciliations, des choses que l'on n'attendait plus depuis cinq ans, des mises au point, des mots qui rassurent, d'autres qui font mal, de l'amitié beaucoup, de l'amour un peu, des questions sans réponses, un goût amer sur mes lèvres. La vie...
On a beau se dire que cette fois ce sera différent, plus grand, plus fort, au final tout ce que l'on peut faire, c'est faire de son mieux.
Si on avance tous ensemble mes loulous, je vous promets que ce sera plus facile.
Le bilan sera pour 2010 et en attendant...

BONNE ANNEE ;)
Quoi de 9 cette année...

# Posté le samedi 03 janvier 2009 16:24

Songes d'une nuit d'hiver...

J'aime Noël, j'ai toujours aimé ça. Aussi loin que je me souvienne, la veillée du 24 décembre ne m'a jamais déçue. Mais pour être honnête, je regrette un peu mes 6 ans...
Compter les jours dès la fin novembre, jusqu'à mon hivernale récompense. Le temps qui se plaît à curieusement ralentir à l'approche de la date fatidique, les innombrables catalogues de jouets qui débordent de la boîte aux lettres, la décoration du sapin, la légende du Père Noël à laquelle je n'ai jamais vraiment cru les yeux pourtant écarquillés devant la cheminée. Les lumières partout dans les rues, les calendriers de l'avent, les premiers flocons et les joues rosies par le froid. Les vacances avec leurs lots de vieux films et dessins animés déjà vus dix fois, le repas de fête, les beaux habits spécialement sortis pour l'occasion. La famille réunie au grand complet, les discussions animées de grandes personnes auxquelles je ne comprends pas tout, les toasts au foie gras et la bûche au chocolat. La toute petite table pour enfants installée à côté du sapin, rien que pour mon frère et moi. Et enfin le déballage des cadeaux. Le bruit du papier qui se déchire, l'excitation de la surprise, les cris de joie sous les regards amusés des adultes, le bonheur de se jeter dans les bras de ses parents pour les remercier de cette si jolie maison Playmobile. Le temps qui passe à nouveau beaucoup trop vite pendant que je donne vie à mes petits bonshommes en plastique, et le gibier aux marrons qui refroidi dans mon assiette. Papa à quatre pattes dans le salon qui assemble les minuscules pièces, le chien qui pique les restes de l'apéritif sur la table basse, le tintement des verres, la voix de mon grand-père. La messe de minuit, la chaleur de mon lit de princesse, les rêves paisibles d'une petite fille, le réveil embrumé. Et puis la joie de voir que tous mes jouets sont encore là...

Presque vingt ans plus tard, je me réveille un 18 décembre et réalise que je n'ai toujours pas fait mes achats, cette éternelle angoisse du manque d'inspiration. L'envie frustrante de vouloir rendre un peu de tout l'amour que l'on me donne à travers un cadeau original. J'erre dans les rues de Lyon qui n'ont décidément pas l'âme des Noëls alsaciens, je suffoque dans les grands magasins que la foule à envahie et me dresse sur la pointe des pieds pour entrapercevoir les rayons. J'apprends à me passer des vacances et des dessins animés du matin, je peste en trouvant plus de catalogues que de courrier dans ma boîte aux lettres. Les maisons de poupées ne figurent plus sur ma liste (heureusement me direz-vous), mais je me délecte de voir et revoir les pubs où Matthew Mcconaughey vante les mérites d'un parfum, où Georges se satisfait d'un bon café...what else ?
Je m'inquiète de tous ces chocolats que l'on m'offre à longueur de journée en pensant au régime post-festivités, je dresse un pseudo-bilan de l'année écoulée, n'ose pas envisager celle à venir.
Et malgré les années qui passent, Noël reste la plus jolie trêve dont nous ayons tous tant besoin. Parce que le temps d'une soirée, on retrouve nos 6 ans...

JOYEUX NOEL
Songes d'une nuit d'hiver...

# Posté le samedi 20 décembre 2008 15:30

J'irai dormir à Hollywood...

Il a un nom à particule que beaucoup n'arrivent pas à mémoriser, il ne porte que des chemises rouges, il a l'accent anglais le plus français du monde, il a l'âme d'un aventurier et il reste greffé à ses caméras 24 heures sur 24.
Il s'appelle Antoine de Maximy (prenez un stylo, notez, et souvenez-vous en !lol), son métier l'a forcé à avoir 15 chemises identiques, il est à l'aise partout où il va, il passe sa vie d'un pays à l'autre, il est le personnage principal de sa propre émission « J'irai dormir chez vous ».
Evidemment, si vous n'avez jamais regardé Arte ou Voyage et si pas une fois vous n'avez zappé sur France 2 pendant les JO pour « Un péquin à Pékin », je conçois que ce phénomène-là vous ait échappé. Et c'est bien dommage.
Une chance pour vous, dès le 19 novembre vous pourrez vous ruer dans la salle obscure la plus proche et vous délecter du film-documentaire « J'irai dormir à Hollywood ». Le concept est simple : Antoine de Maximy, seul avec ses trois caméras (une sur l'épaule, une accrochée à une tige en fer qui le filme de profil, et une portable qu'il garde à la main), part de New-York et traverse les Etats-Unis jusqu'à Los Angeles. Objectif : faire un maximum de rencontres avec les gens du pays, ET aller dormir chez une star de cinéma.
Ambitieux projet me direz-vous. Mais croyez-moi, cet homme n'a peur de rien. Comment je le sais ? J'ai vu son film. Et je l'ai rencontré.

Je suppose que mes aventures de VIP commencent à vous fatiguer, mais sachez que je choisis mes sujets (je ne vous ai pas parlé de l'avant-première de « Vilaine » avec Marilou Berry par exemple, alors que j'aurai pu !) et le coup de foudre cinématographique et humain que j'ai eu ce mardi sont d'assez forts arguments pour légitimer un article.
Ainsi donc ce 4 novembre dernier, j'ai accueilli Antoine de Maximy pour l'avant-première de son film. On se rencontre dans le hall d'un hôtel luxueux. Il est plus petit que je pensais, mais quand il se tourne vers moi avec un grand sourire pour me dire bonjour, je retrouve le type chaleureux et avenant de mon émission fétiche. Il se plaint un peu du niveau de sa chambre, trop haut de gamme à son goût : « tu sais, j'ai plus l'habitude de dormir à même le sol dans un vieux sac de couchage que dans un lit trop grand où la minute de connexion en wifi coûte 22 euros...je préfère les endroits normaux ! ». Il me fait un clin d'½il et déjà je suis amoureuse (j'exagère un chouilla, il pourrait être mon père mais il a cette façon de me regarder bien droit dans le fond des yeux qui me fait trembler des genoux).
A 18h, il se prête volontiers au jeu de la conférence de presse. Les questions fusent, il y répond de manière très intelligente, mais très décontractée, pleine d'humour et d'humilité. Une heure plus tard, alors que deux jeunes journalistes radio sont au bord des larmes parce que leur micro est cassé, Antoine propose spontanément de chercher son propre matériel pour qu'elles puissent faire le travail. Cette fois je suis totalement amoureuse (ma responsable de stage et moi-même nous regardons à ce moment en échangeant un « oooh c'est chouuuuu ».lol).
A 20h30, la salle de cinéma est pleine à craquer, le film est lancé. Pendant ce temps, nous nous dirigeons vers le restaurant. Une petite table ronde nous y accueille. Il s'assoit en face de moi et engage la conversation. Ce gus est passionnant, il a vécu tellement de grands voyages que je suis absorbée par ses récits.
Après le dessert, il enlève son pull pour laisser apparaître l'indispensable chemise rouge (il explique que, pour faciliter le montage de ses films, il doit avoir la même chemise sur chaque plan. Pourquoi rouge ? Parce que c'est la couleur qui prédominait dans sa garde robe...subtil hein !). Puis sort de son sac à dos...ses caméras ! Remarquant mes yeux écarquillés alors qu'il monte son matériel, il s'arrête un moment et me lance : « tu veux toucher la caméra ? ». Moi « c'est vrai, je peux, je peux, je peux ??? ». Il me tend alors un minuscule boîtier noir qui tient dans le creux de ma main.
Il achève de préparer son attirail, et nous quittons le resto pour retourner au cinéma. Il reste dix minutes avant le générique de fin, nous attendons devant la salle. Anxieuse, je regarde ma montre, mon dernier bus part dans dix minutes. Antoine le remarque, s'approche de moi, me fait une accolade en disant « ben sois pas triiiiste ». Je lui explique que j'ai peur de rater le débat avec le public, il me répond qu'il se dépêchera de commencer pour que je vois au moins le début (oui, je l'aime !).
Avant d'ouvrir la porte il me lance un dernier regard et dit « bon on se verra plus alors ? ». Je fais non de la tête, lui tends ma main et lui souhaite bonne continuation. Là, il répond merci dans un sourire, s'arrête, se penche vers moi et dit « oh allez j'te fais la bise ! ». (yesssss. Notons que je suis la seule qu'il ait saluée de la sorte...).

Le film se termine, les lumières se rallument, Antoine de Maximy descend les escaliers sous une horde d'applaudissements qui me collent la chair de poule. Les questions du public ne tardent pas.
Et pour cause. Ce film est plein d'humanité, de surprises, d'émotions et de paysages à couper le souffle. Je vous conseille vivement de vous plonger dans ce beau voyage, il vous fera réfléchir...

Je quitte discrètement le cinéma, heureuse de pouvoir ajouter cette jolie rencontre teintée d'Amérique à mon palmarès.

Plus tard dans la nuit, les Etats-Unis élisent le premier Président Noir de l'Histoire du pays...
Et s'il était là, le véritable nouveau rêve américain ?

J’irai dormir à Hollywood...

# Posté le samedi 08 novembre 2008 04:19

Jalouse !

Tout a commencé quand, dès notre plus tendre enfance, les mamans du monde entier nous ont sermonné du très célèbre « la jalousie est un vilain défaut ». Ainsi donc on m'a appris à me réjouir du bonheur de mon prochain. En théorie, c'est d'une simplicité déconcertante. C'est dans la pratique que ça se gâte. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé. Mais la vie aime jouer à ce petit jeu sadique de la mise à l'épreuve, vous le savez comme moi, et ne niez pas, VOUS AUSSI vous avez été, êtes et serez jaloux.
Comment ça « non jamais hors de question pas moi c'est pas mon genre » ??? A cette réplique je répondrai simplement que tout comme la jalousie, le mensonge lui aussi est un vilain défaut...(niark niark)
Alors oui, j'avoue sur ce blog tel un purgatoire pour expier mes fautes (vous aussi vous êtes fascinés par les mots que j'emploie hein ?!), avoir été déviée du droit chemin par des pensées pas toujours très jolies jolies.

Oui, cette fille qui essaie le même jean que moi dans la cabine d'à côté et à qui il va mille fois mieux qu'à moi m'exaspère.
Oui, j'ai envie d'arracher les yeux de cette pimbêche dont les hanches m'arrivent aux épaules (je lui aurais sauté au cou si j'avais eu une échelle).
Oui, je maudis ce grand blond bodybuildé qui ose faire trois longueurs de piscine alors que je n'en suis qu'à la première moitié.
Oui, j'exècre la dame devant moi à la boulangerie qui achète le dernier petit pain au chocolat qui me faisait de l'½il sur son présentoir.
Oui, je déteste les premiers de la classe qui en terminale S sont volontaires pour corriger les exos de maths de la veille, qui en découvrent l'énoncé devant le tableau et qui les résolvent en trois secondes alors que j'y ai passé la nuit sans résultat.
Oui, je survis difficilement au bonheur flagrant des gentilles copines qui sont en couple depuis des siècles avec le premier gentil garçon qui a croisé leur route, alors que je rame désespérément pour en dégoter un qui aura le courage de me supporter plus de trois mois (ou l'inverse...c'est selon !).
Oui, je vomis cette fille sortie d'une autre planète qui, même après une nuit blanche et habillée d'un vieux marcel-salopette reste anormalement canon pendant que j'ai les yeux encore collés et la trace de mon oreiller incrustée sur le visage.
Oui, j'ai du mal à accepter que cette inconnue qu'il a rencontré au hasard d'une soirée ait le droit à ses « je t'aime » alors que je me bats depuis des millénaires (oui !!! des millénaires !!!!!!) pour susciter un embryon d'intérêt de sa part.
Oui, je peine à ne pas regretter d'avoir raté les plus jolis souvenirs que mes meilleurs amis ont vécu pendant une semaine sous les cocotiers alors que je me préparais chaque soir mon plateau-TV-une-personne.
Oui, j'envie ces gens qui vivent avec une vocation depuis qu'ils savent penser, pendant que je me débats avec mon moi profond pour découvrir de quoi sera fait mon avenir.
Oui, je suis jalouse de ces rares personnes qui ne le sont pas...

Alors ok si je suis parfois jalouse, avouez qu'au moins, je suis honnête...



PS : vous m'aimez toujours hein ???!!! ;)

Jalouse !

# Posté le dimanche 02 novembre 2008 16:33

Modifié le lundi 03 novembre 2008 14:53