Mon coiffeur est un type formidable...

Toi qui me lis et qui es une fille, tu sais combien l'équilibre capillaire est d'une importance capitale dans l'équilibre psychique de tout individu de la gente féminine. Parce que la coiffure comme le regard est le reflet de l'âme, il est juste primordial d'avoir un cuir chevelu qui, tout à notre image, est toujours visuellement (presque) parfait.

Alors oui, monsieur l'homme de notre vie, excuse nous de faire tout un plat après un brushing raté, excuse nous de nous précipiter devant le premier rétro qui passe pour rattraper les dégâts du soi disant professionnel à qui nous avons confié notre précieuse tignasse. Excuse nous aussi de ne plus oser se montrer en société tant que cette frange en dents de scie n'a pas suffisamment repoussé pour la couper, mais avoue que le premier à faire une réflexion ô combien raffinée type « tiens t'es tombée dans la broyeuse à papier ? », c'est toi, homme de notre vie.

L'enjeu réside donc à trouver le coiffeur suffisamment ingénieux qui sait nous mettre en valeur et fait ressortir (un peu plus) la bombe qui est en nous. En général toi, homme de notre vie, tu ne le remarques même pas, ou à peine. Mais l'indifférence reste préférable aux railleries, l'important c'est de se sentir bien dans et sur sa tête !

Ainsi donc, une des grandes missions de notre existence (je t'entends glousser d'ici, homme de notre vie, mais nous, nous ne passons pas des millénaires à s'extasier devant le capot d'une voiture...) consiste à dégoter la perle rare en matière de maniement du ciseaux (tandis que toi, homme de notre vie, tu te jettes corps et âme dans la maîtrise absolue de la PSP).

Et bien moi, je l'ai trouvé ! Le coiffeur parfait, celui à qui on laisse sa mèche les yeux fermés, celui qu'on n'a même pas besoin de scruter toutes les trois secondes derrière son Voici pour s'assurer que tout est sous contrôle.

Oui, il est comme ça mon coiffeur, c'est un type formidable. Quand j'entre dans son salon il me lance un grand « saluuut chérie » et me fait la bise. Ensuite, en général il passe ses mains dans mes cheveux et il me dit « j'vais te faire un truc super glamour aujourd'hui, tu vas tous les faire tomber ! ». Oui, mon coiffeur a tout compris !

Et son salon c'est un endroit merveilleux et enchanteur. Il y a toujours plein de femmes qui papotent pendant des heures (homme de notre vie n'aime pas s'attarder chez le coiffeur, il ne peut pas comprendre), ou qui sont plongées dans les derniers magazines people, histoire d'être à la page pour les prochaines sorties mondaines. Mais ce qui est fantastique chez mon coiffeur, c'est que le regarder faire est un spectacle en soi. Oui, mon coiffeur est un artiste.

Quand enfin c'est mon tour, il me fait un clin d'½il dans la glace me dit, « allez c'est parti », puis il commence son travail dans une chorégraphie désordonnée. Il me fait me lever, demande de pencher la tête en avant, de la secouer, il tripote, il coupe, il effile, il crée. Pendant ce temps, homme de notre vie, tu es parti à la Fnac acheter le dernier jeu en vogue et tu pestes de devoir nous attendre encore trois toutes petites heures...

Mon coiffeur lui, ne manque jamais de s'inquiéter de mon humeur, mes états d'âme et mes projets. Il me parle des hommes en général et ses conseils sont souvent bien utiles puisque c'en est un lui aussi (un homme...en plus d'être coiffeur...on se comprend hein). Oui, mon coiffeur est un fin psychologue, ça fait partie de son métier.

Quand il a terminé son chef-d'½uvre il me fait tourner sur moi-même, me montre à tout le monde comme un trophée en criant « je suis pas un magicien moi peut-être ? ». Oui, mon coiffeur est lucide. Ensuite, il prend mon visage dans ses mains et me murmure « de toute façon t'es tellement jolie que je pourrais te couper les cheveux les yeux fermés, ça ne serait jamais raté ! ». Lucide je vous ai dit.

Quand homme de notre vie arrive, il se contente d'un « ah ben enfin ! et ça t'a encore coûté un bras je parie ?! » avant de nous tirer vers la sortie. Je lance un merci et colle un bisou sur la joue de mon artiste préféré et rentre à la maison pour sonder les avis toujours positifs.

Je vous le dis, mon coiffeur est un type formidable, et ce n'est pas toi, futur homme de ma vie, qui me contrediras, le jour où enfin, tu lèveras la tête de ton capot pour me regarder passer...et me rattraper... ;)



Mon coiffeur est un type formidable...
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# Posté le vendredi 22 mai 2009 15:58

Modifié le mercredi 10 juin 2009 13:38

A nous les p'tits anglais...

Robbie Williams, Mika, The Beatles, le flegme, le thé, les bus rouges, l'accent...on ne compte plus les avantages évidents que présente l'Angleterre. Il était donc inévitable pour moi de fouler la terre Grande-Britonne un jour où l'autre.

Ce jour est arrivé, vendredi dernier, levée à 5h du mat', c'est avec ma Bichette Ally que je me dirige vers la gare du Nord pour sauter dans l'Eurostar le plus proche. 2h30 plus tard, après avoir traversé un long tunnel (paraît même qu'il y avait la mer au dessus), nous foulons le quai de St Pancras, London !

Première visite de l'autre côté de la rue. Et traverser la rue, en soi c'est déjà une visite. Oui, ici on roule à gauche donc quand on traverse on regarde d'abord à droite. Et croyez moi le réflexe est difficile à adopter. Thank God, sur le sol est marqué en lettres blanches un grand « look right » qui nous rappelle comment ne pas nous faire écraser par un de ces si charmants taxi anglais. De l'autre côté donc, nous entrons dans une autre gare, celle que les amateurs de Harry Potter ne manqueront pas de reconnaître puisqu'il s'agit de King's Cross...et ce que nous cherchons là, n'est autre que le fameux quai 9 trois-quarts...et après moults allées et venues, nous tombons finalement sur le lieu dit ! Photo oblige, notre week-end débute fort bien !

Deuxième attraction du jour : prendre le bus qui nous mènera à l'hôtel. On cafouille dix minutes avant de nous asseoir à l'étage, surexcitées d'être enfin arrivées. Les rues défilent sous un soleil timide MAIS présent jusqu'à Notting Hill où nous découvrons notre hôtel non sans difficulté. Nous laissons là nos valises sans visiter la chambre qui n'est pas encore prête, notre seule obsession est de trouver un endroit où manger ! C'est en déambulant dans les rues du quartier que nous nous asseyons à la table de la Waffle House où nous nous ravitaillons.

A 14h, épuisées, nous regagnons notre chambre, la plus kitch qui soit (papier peint à fleur, moquette usée, douche microscopique et chasse d'eau mystérieuse...) où nous nous accordons une sieste réparatrice. Ally a beau me dire « nan nan je vais pas dormir moi », ce sont ses ronflements qui me réveillent 45minutes plus tard...Ceci étant, cette fois nous sommes prêtes à débuter notre tourisme intensif !

Sur notre carte le palais de Buckingham ne semble pas très loin, il suffit de traverser Hyde Park...même si le soleil perce, le vent est glacial, mais nous pas peur, nous aventurières ! On passe devant le Kensington Palace, on croise le Royal Albert Hall (salle de concert mythique où Robbie se produisit du temps de son règne musical), on trouve le mémorial de Lady Di (une fontaine architecturalement curieuse), on s'étonne de voir des pistes aménagées pour les chevaux un peu partout. Ce n'est que deux heures plus tard que nous apercevons enfin ce fichu palace ! Une centaine de touristes est accrochée aux célèbres grilles, guettant le moindre mouvement des gardes à moumoute. On se pose là un moment, on hurle qu'on veut voir la Reine mais en vain...

Nous reprenons finalement notre marche vers le prestigieux Harrod's, passons ensuite devant un bâtiment où flotte le drapeau français : « tu crois que c'est l'ambassade ? » (croyez-moi ce détail aura son importance plus tard), on remonte péniblement vers le parc, le temps se couvre, on est épuisées, nos pieds nous portent à peine, nous marchons depuis trois heures trente, ça devient de la torture...

Quand il commence à pleuvoir au milieu de Hyde Park, on s'étonne de constater que ça ne dérange pas les anglais plus que ça. Non, eux on a l'impression qu'ils attendent gentiment que le ciel leur tombe sur la tête, imperturbables sur leurs bancs, lisant le journal ou se roulant dans l'herbe...c'est donc ça le flegme anglais ? Quant à nous, la fatigue nous fait dire n'importe quoi, on philosophe sur la vie d'écureuil qui doit être fort sympathique (nous croisons des petits squirells tous les cent mètres, d'où la conversation philosophique), on se traîne douloureusement sur le chemin, je gémis qu'il n'en finit plus ce parc quand enfin nous retrouvons notre quartier.

On s'arrête dans le premier resto qui passe, je fais des efforts pour parler dans la langue de Shakespeare, on me répond systématiquement dans celle de Molière...c'est limite saoulant de voir autant de français ici...une fois le ventre bien rempli, Ally s'achète un parapluie aux couleurs britanniques et nous regagnons l'hôtel après 4 longues heures de promenade.

A 21h nous nous laissons tomber dans nos lits sans plus de cérémonie et on sombre dans le sommeil. Nous aurions pu passer une excellente nuit si notre chambre n'avait pas été sur le pallier, si le sol ne craquait pas autant, et si les gens ne criait pas si fort en passant devant notre porte...nous nous réveillons donc toujours aussi fatiguées le lendemain, les courbatures en plus, mais toujours de bonne humeur !

On se ballade d'abord au Portobello Market, célèbre marché de Notting Hill où les antiquaires se font concurrence dans des maisons colorées.
Nous retrouvons ensuite Marble Arche où nous sautons dans un bus touristique. Ici le soleil disparaît en cinq minutes, laissant place à des averses impressionnantes qui ne durent cependant jamais. C'est d'ailleurs agaçant de ne pas savoir comment s'habiller avant de sortir...

Notre guide est un pur British et nous le soupçonnons d'abuser de substances illicites tant son discours est drôle, on ne comprend pas toujours tout mais on rigole beaucoup. C'est là, le séant posé confortablement que nous admirons la grandeur de la ville : Big Ben, Westminster Abbey, the London Eye, the Tower Bridge, London Bridge, St Paul, le quartier des banques...on descend ensuite pour cette fois admirer la vue depuis la Tamise. La croisière nous mène jusqu'à Greenwich Village et lorsque nous retrouvons le plancher des vaches à 15h, nous sommes tout bonnement affamées. Notre bus nous amène jusqu'à Picadilly et Trafalgar Square où nous décidons de trouver un restaurant. Il y a une foule impressionnante, la faim nous rend nerveuses jusqu'à ce que nous trouvions un pub fort charmant où nous commandons en anglais « two fish'n chips (frocément) and two diet coke please », la serveuse me répond « on a plus de coca light »...en Français bien sûr !

C'est une fois notre plat englouti qu'arrive le drame. Au moment de payer je trouve mon sac ouvert, j'ai peur de comprendre...je cherche désespérément mon portefeuille qui a disparu. Panique à bord, on m'a volé la totalité de mon argent et tous mes papiers, y compris ma carte d'identité qui doit me permettre de rentrer en France...
Commence alors un parcours du combattant, pour me calmer d'abord, pour trouver un policier ensuite. On m'indique un commissariat dans lequel 6 personnes attendent déjà. Je peste, je tremble, je pleure, je m'énerve, et je comprends que ceux qui me précèdent ont tous le même problème...une heure et demie plus tard nous ressortons. Un flic a pris ma déposition (une chance que je maîtrise l'Anglais, nous y serions encore sinon), m'a dit d'appeler l'ambassade qui elle me demande d'amener moult documents le lundi dès 8h45 pour me procurer un laissez passer...

Ca ne sert plus à rien de râler, ça aurait pu être pire (du moins j'essaye de me le dire). En tout cas, il est hors de question que ça nous gâche notre séjour, même si nous n'avons plus beaucoup d'argent ! On se promène jusqu'à la tombée de la nuit, on décompresse, on se marre et à 22h30 on rejoint notre hôtel en métro, fatiguées par tant d'émotions...

La nuit n'est pas meilleure puisque toujours aussi bruyante. Je me réveille à 7h30 et jette un ½il au ciel qui est bleu azur. Au moins ça ! Mais en sortant deux heures plus tard, c'est un déluge sans nom qui nous accueille. OK, bon on rentre se changer et s'armer de K-way avant de se réfugier dans un centre commercial où je fais les photos d'identité les plus laides de mon existence (mais nécessaire pour mon fameux laisser-passer). Puis nous rejoignons Buckingham où nous voulons assister à la relève de la garde. Pas de bol, une fois devant, on nous apprend que c'est annulé pour cause de pluie. Eh ben quoi ils sont en sucre les gardes ? Ils ont pas l'habitude du mauvais temps peut-être ? Est-ce que nous on reste à l'hôtel quand il fait moche ? Non ! Alors hop on s'active ! Arrivent alors quatre gardes en poncho (the royal poncho comme nous le baptisons de suite). Ils s'agitent, viennent échanger de place puis repartent en tapant du pied à intervalles réguliers. Une relève de la garde version très light en somme. Pas grave, on se promet de revenir le lendemain.

Nous allons ensuite à Trafalgar, histoire de se cultiver un peu à la National Gallery (entrée gratuite a motivé notre choix). Bon soyons honnêtes, les peintures c'est pas trop notre cup of tea, mais on fait un effort et on donne des interprétations très personnelles aux représentations artistiques, ce qui nous fait passer un moment fort comique !

Après ça, nous allons manger dans une « taverne » charmante à côté de Harrod's. On s'affale pendant une heure dans de grands canapés et l'on se délecte d'un chocolate cake des plus somptueux !
Et puis, Ally étant une footeuse dans l'âme, je suis traînée presque de force (je rigooooooooooole) jusqu'au stade d'Arsenal où on prend quelques photos, juste pour dire « on y était ». Sur le retour nous nous arrêtons au British Museum (lui aussi il est gratuit...je vous rappelle qu'on m'a volé mes sous alors on se débrouille !). Bien plus intéressant que la galerie du matin, ici nous admirons des cadavres de momies (miam), des statues, des sphinx, des bijoux, la fameuse Pierre de Rosette (où nous entendrons un Français dire « il est trop fort ce Rosette »...champion du monde...lol) et d'autres trésors de temps reculés.

Vulgairement jetées dehors à la sortie, nous voulons maintenant aller à la cathédrale St Paul, où Lady Di s'est mariée avant d'y être enterrée...mais là aussi on nous jette pour cause de fermeture. On ne se démonte pas, on prend un bus qui nous amène vers Westminster, on croise des gardes, on fait de jolies photos, tout ça dans la bonne humeur. Et puis il est déjà 20h, on retrouve le chemin de Notting Hill où l'on se pose dans un pub, on écoute un gus chanter à la guitare, on mange une gaufre au Nutella et l'on retourne à nos pénates, de plus en plus courbaturées, de plus en plus fatiguées.

Lundi matin levées à l'aube nous partons à pied vers l'ambassade. Nous y arrivons à 9h et déjà 10 personnes attendent. On prend notre mal en patiente jusqu'à ce que notre tour arrive. Enfin un type qui me prend de haut joue avec mes nerfs, me prend pour une idiote (alors que c'est moi qui avait raison, d'abord), nous fait poireauter pendant des siècles. Une heure et demie et 21 Pounds plus tard, je ressorts avec mon laissez-passer . OUF, je peux rentrer en France !

Nous fonçons ensuite en trombe vers St Paul que nous avons raté la veille mais en arrivant, oh surprise, c'est payant ! Tanpis, on se contentera d'observer la splendide cathédrale depuis l'entrée. Puis au pas de course, nous rejoignons Buckingham pour voir la relève de la garde version complète. Effectivement il y a du monde. Des petits soldats partout, tout de rouge vêtus, qui se baladent au pas et qui jouent de la musique. Beaucoup de musique. Que de la musique en fait. On reconnaît des airs des Beatles et même Grace Kelly de mon cher Mika !
Mais une demie heure plus tard on se dit que finalement la relève de la garde c'est juste une grande fanfare, ni plus ni moins. On les laisse donc là à leur bal populaire et on retourne vers Notting Hill où on mange un sandwich avant de s'offrir notre unique souvenir : un t-shirt des Rolling Stones avec le drapeau anglais soooo rock'n roll !!!

Et puis on va faire un tour dans la librairie qui apparaît dans le film « Coup de foudre à Notting Hill ». On ne traîne pas, on prend un bus direction South Kensington où l'on boit un délicieux cocktail au Sticky Fingers, resto tenu par un des membres des Rolling Stones. On y voit des dizaines de disques d'or obtenus par le groupe, des guitares dédicacées et autres pochettes d'albums...voilà on est contentes, on a eu notre petit moment VIP...
Une heure plus tard nous ne nous attardons pas, il faut passer par l'hôtel pour récupérer nos valises avant de gagner la gare. Oui, le séjour est déjà fini...

On croise sur le quai Emmanuel Petit (mais siiii le joueur de foot), on se moque gentiment, mais au fond on est super ravies de constater que même quand on ne court pas après les gens connus, les gens « connus » (ou connus il y a foooort longtemps) nous courent après...héhé la classe, les amis, la classe !

Et voilà, de retour en France, avec son fromage, ses températures estivales, ses voitures qui roulent à droite...et malgré tout, je suis déjà nostalgique de ces quelques jours inoubliables, forts en émotions et qui font de nouveaux si jolis souvenirs à mon palmarès.

Merci ma Bichette, c'est sidérant... de si bons moments ! Rrrrrrrrock'n roll forever!!!! ;)

A nous les p'tits anglais...

# Posté le vendredi 22 mai 2009 11:49

Modifié le lundi 25 mai 2009 08:21

L'extraordinaire ferveur...

On peut croire à sa bonne étoile ou se dire que l'on n'a que ce qu'on mérite.

Qui alors, de la chance ou du culot m'a fait vivre cette soirée presque irréelle ?
Un peu des deux sans doute...

D'abord, et comme dans toute bonne histoire, il y a mon acolyte de toujours : Nikou. Si les grands rendez-vous juste entre elle et moi se sont faits plus rares ces derniers temps, il devenait urgent voire indispensable que l'on sache se retrouver à ce moment-là...

Ensuite, si vous suivez ma vie trépidante sur ce blog (ce dont je ne doute pas), vous vous souvenez certainement de ma rencontre avec Patrick Bruel et de l'invitation qu'il m'avait faite lors de mon stage. Et si vous vous intéressez de près à la tournée du chanteur (ce dont je doute à peine plus), vous savez que son concert Lyonnais a eu lieu ce 26 mars...

Jeudi, 19h, ma responsable de stage étant en vacances cette semaine, c'est avec ma super potesse sous le bras que je suis partie vers la Bourse du Travail, l'estomac plus noué qu'avant de passer un oral dont dépendrait ma vie...
Pas besoin de chercher le lieu convoité pendant des heures, il suffit de suivre la foule qui s'amasse devant de grandes portes placardées d'affiches dont le titre « Patrick Bruel, seul...ou presque » laisse rêveur.

Nous faisons le tour du bâtiment pour enfin trouver l'entrée des artistes. Mon c½ur tambourine si fort dans ma poitrine que j'en ai le souffle coupé.
Aurais-je été seule que j'aurais probablement continué mon chemin et serais passée à côté d'une bien belle opportunité. Heureusement, Nikou est là. Elle me pousse doucement vers un vieux monsieur qui nous regarde l'air intrigué. Je balbutie que je cherche monsieur Untel, que c'est Patrick qui m'a dit de m'adresser à lui.
Le type me jauge, amusé, il sourit et dit « je vais le chercher »...

Le tintamarre du côté de mon c½ur ne se calme pas pour autant. J'implore le Ciel pour que tout se déroule comme prévu. Cinq minutes plus tard, le monsieur grisonnant revient seul. Voyant ma moue interrogative il nous demande d'aller voir les vigiles, que celui que je cherche est là bas.
Soit. Allons voir les vigiles, eux je les ai toujours à la bonne. Rebelote, « bonjour excusez-nous, on voudrait parler à monsieur X, on nous a dit qu'il était là ? », avec à peine plus d'assurance. On me regarde comme une bête curieuse, on me demande qui je suis, on rigole quand je dis que c'est Patrick Bruel lui-même qui m'a invitée (à vrai dire moi aussi je rigole en m'entendant prononcer ces mots improbables). Ils me testent, méfiants, craignants que je n'invente.
Et puis on nous répète que l'Homme est remonté dans les loges, que les portes vont s'ouvrir, que nous devons attendre près du guichet, qu'Il va descendre.

Bien. Nous sommes à l'intérieur cette fois, après un moment, je redemande si celui que nous attendons va arriver, réréréréré-explique ce que je lui veux, un grand chevelu sort son téléphone et trente secondes après, se contente de nous dire « suivez-moi ».
Je respire, on marche vite, Nikou sourit, sereine.
Pourquoi bon sang, suis-je dans cet état ? Pourquoi ai-je cette douloureuse sensation dans le creux du ventre qui me dicte que si je n'atteints pas mon objectif, je m'effondre...

Je n'ai pas le temps d'y penser, le chevelu me présente un grand brun plutôt beau gosse, décontracté, fumant une cigarette. « C'est lui ! ».
Ultimes explications, cette fois je n'ai plus peur, mon discours est rodé, j'affirme avec aplomb que Patrick m'a invitée.
Entre deux bouffées de fumée, il me dit « Bon, je vais vous faire monter dans les loges pour que Patrick vous voit alors ».

Instantanément, le looping dans mes entrailles repart de plus belle. Je suis si près du but, je ne reculerai pas maintenant.
Nous suivons alors le gus dans les coulisses, montons des escaliers jusqu'à arriver à un étage où un buffet de nourriture nous fait face. L. nous demande d'attendre là, il va le chercher.
Dans un rire nerveux je supplie Nikou : « prie pour qu'il se souvienne de moi ». Elle n'a pas vraiment l'air de réaliser mais sa présence me rassure, seule preuve tangible que non, je ne rêve pas.

Quand je me retourne il est là, devant moi, souriant et les cheveux ébouriffés. Il a cette chaleur au fond des yeux qui font que comme deux mois plus tôt, je suis à la fois tremblante et curieusement à l'aise. J'ose un bonsoir. Il se dirige vers moi d'un pas assuré.
Mon pathétique « vous vous souvenez de moi ? » étranglé et implorant trahit cependant largement la trouille qui me paralyse.

Là tout va très vite, il se jette dans mes bras, me colle tout contre lui, répond « mais oui, bien sûr que je me souviens, tu vas bien ? » et me fait la bise, avant de se diriger vers ma potesse.
La peur s'est envolée, je lui explique que je profite de son aimable proposition de la dernière fois pour venir voir ce fameux concert, lui présente Nikou.
Il n'arrête pas de me fixer, se marre franchement, de mon audace peut-être, répète « bien sûr t'as bien fait, avec plaisir, vraiment ! ».

Il demande à son manager de nous installer dans la salle, de « bien s'occuper d'elles », il m'ébouriffe les cheveux dans un geste doux, je souris à m'en décrocher la mâchoire et ne sais plus que dire « merci, c'est vraiment gentil, merci beaucoup ».
On s'apprête alors à suivre L. quand j'entends Patrick ajouter « Passez me voir après le concert hein ! »...

Je titube péniblement derrière notre chaperon qui nous amène dans une salle bondée où seuls deux rangées sont vides, dixième rang, plein centre, à peine surélevé. Oui jeunes gens, le carré VIP. Interdit à l'accès par des banderoles et un vigile peu commode, le manager ordonne « elles peuvent passer », nous ouvre la voie et nous tend deux billets où l'on peut lire « Invitation P.B. Gratuit ».
Estomaquée, je demande où nous devons nous asseoir. « Ben où vous voulez, au milieu ce sera mieux pour voir ». Il nous dit de l'attendre près de la sortie après le concert, nous fait un signe de la main et disparaît.

J'ose à peine le croire, Nikou commence à réaliser, les gens autour nous scrutent, médusés. Je sautille, ris, chante, répète sans arrêt « il a dit bien sûr j'me souviens ! » crie que c'est juste complètement dingue.

La salle se remplit tout à fait, sur scène il n'y a qu'un piano. Et une guitare.
La musique d'ambiance s'éteint, un homme demande au micro de ne faire ni photo, ni enregistrement quel qu'il soit pour préserver le métier. Il nous somme aussi d'éteindre nos portables pour éviter d'interférer avec le retour son. Dociles, nous nous exécutons.

Le noir se fait. Le son d'une guitare. Un spot braqué sur Patrick Bruel qui s'avance doucement. Les hurlements. Et puis...musique !

Voulez-vous, du même chemin qu'on fasse un bout ?


Se sont enchaînées deux heures et demie d'un concert hors du commun. Le chanteur « remet les pendules à l'heure puisque certains n'ont pas l'air d'avoir compris. Les flashs pendant que je chante, ça m'embête ».

Il est seul sur sa scène, il nous parle de lui, de sa vie, de ses états d'âme. Explique comment sont nées ses chansons et nous les livre, sans artifice aucun. La puissance de sa voix qui envahit et réchauffe la salle me fait frissonner, la mélodie de sa guitare me fait rêver, la justesse de ses mots me fait pleurer.

Il y a tellement de vérité dans ce qu'il nous offre, tellement de questions qui me ramènent à moi. Je sais que c'est stupide et sans doute incompréhensible pour beaucoup d'entre vous, mais être là ce soir là avait pour moi un goût de délivrance.

Arrive ensuite Combien de murs, et avec lui pour l'accompagner à la guitare son « ...ou presque » comme il l'appelle. L'harmonie entre ces deux-là est une évidence qui nous transporte si loin que l'on s'y perd avec délice.

Au nom de qui fait-on le choix de l'innocence, au nom de quelle liberté, de quelle transparence ?


L'attention dans la salle est palpable, à l'inverse d'autres concerts moins intimes, ici les gens ne bougent pas, ils écoutent, murmurent à peine les paroles comme hypnotisés par ce qui se passe devant eux.

De souvenirs en mélancolie, le chanteur nous amène peu à peu dans une ambiance plus chaude, séductrice, envoûtante, déroutante...


Ferme les yeux et raconte tout c' qui t' passe par la tête,
Tout c' que t'as jamais dit et qu'on fera peut-être.
Je sens ta main venir, doucement, subreptice.
Tu arrêtes, tu hésites, est-ce par peur ou par vice ?



Le temps glisse à une allure étourdissante et très vite, les rappels. Et puis ce Casser La Voix au piano qui résonne encore à mes oreilles. Après s'être murmuré que l'on s'aimait quand même ; après nous avoir gratifié de chansons inédites, présage d'un futur album réussi, promesse d'une belle demande en voyage...Oui ; après nous avoir tous fait danser deux par deux sur Mon Amant de Saint-Jean, après nous avoir remercié sur un air de Barbara, il a salué « l'extraordinaire ferveur » d'un public qui le suit depuis ses débuts, puis, a disparu sous les ovations.

La réalité reprend ses droits, on se réveille doucement de ce joli moment de rêverie partagée, on laisse sortir la foule, on repère L. qui nous dit de le suivre.
Avec une petite dizaine de fans invétérés, on entre dans une loge ou verres et boissons nous attendent. On se regarde, je retrouve les mêmes étoiles dans chaque paire d'yeux.

Arrive alors Patrick Bruel, fatigué mais toujours souriant, il me caresse le bras en me demandant si ça m'a plu. Je me contenterai d'un « plus que ça ! » alors qu'il m'aurait fallu des heures pour lui expliquer vraiment tout ce que j'ai ressenti. J'aurais voulu du temps pour lui dire combien ses mots m'ont fait du bien, combien sa musique m'a rassurée, à quel point je me sens étrangement proche du haut de mes 23 ans, de tout ce qu'il a bien voulu nous confier.

Il nous accorde une photo en me serrant à nouveau tout contre lui. J'aurais voulu lui dire merci dans un sanglot et rester à l'abri des responsabilités qui m'attendent, juste là, dans ces bras qu'il me tend, ce sourire qu'il me fait.

Il s'éclipse dix minutes plus tard dans un grand « salut » et nous reprenons la route vers la sortie des artistes. Je pousse une lourde porte et me retrouve encerclée par 200 fans agglutinés à des barrières, attendant leur chanteur dans le froid...
Un vigile nous laisse sortir, me demande « alors tu l'as vu ? »

Oui...je l'ai vu...


Trois jours plus tard, il me reste une jolie photo qui me servira de fond d'écran pendant un temps, une mélancolie qui s'estompe doucement, des mélodies qui s'usent déjà dans ma tête, mais surtout, et c'est bien sûr le plus important...une amie pour toute la vie...



Nikou, j'te dis rendez-vous ce soir, demain, le mois prochain, dans dix ans...
et bien plus loin encore, promis ! ;)

J'te l'dis quand même...
L'extraordinaire ferveur...

# Posté le dimanche 29 mars 2009 11:38

Modifié le dimanche 29 mars 2009 15:16

Chapitre 4...

En ces temps compliqués où tout change et dérange, il est si rassurant de constater que certaines choses perdurent...

Je pense avoir bien mérité quatre jours d'insouciance, après avoir passé un mois de douleur acharnée entre les murs de ce qui me sert d'école, après avoir miraculeusement trouvé un point final à mon mémoire, après avoir entamé le tour des centaines de questions qui s'entrechoquent dans mon esprit depuis qu'il se laisse vagabonder en envisageant un « après » à cinq années d'une vie d'étudiante...

En ces temps compliqués où je ne sais plus vraiment d'où je suis, il n'y avait qu'un endroit où j'avais envie d'être, qu'une personne que j'avais besoin de regarder dans le fond des yeux.
Je n'explique pas ce qui fait qu'à chaque fois que l'on se retrouve, on se plonge dans une bulle où le temps s'arrête et de laquelle il est si difficile de se sortir...

Peut-être parce que 12 ans d'amitié (soit plus de la moitié de nos vies...il faut le dire !) sont le gage de souvenirs inoubliables.

Peut-être parce que nos conversations ont ce pouvoir de nous faire réfléchir dans le bon sens.

Peut-être parce que nous sommes les seules à savoir élaborer des plans romanesques pour demain.

Peut-être parce que l'idée du Grand A semble plus envisageable quand on l'invente ensemble.

Peut-être parce que nos idéaux se rejoignent étrangement.

Peut-être parce que nous avons cette incorrigible volonté de croire l'incroyable, d'espérer ce qui ne devrait pas exister que dans les livres.

Peut-être parce que l'on se connaît si bien qu j'ai l'impression de connaître ses amis depuis toujours.

Peut-être parce que nous n'avons plus peur de rire et pleurer pour tout et n'importe quoi.

Peut-être parce que nous avons cette drôle de capacité de passer du sérieux à l'infantile, du sensé à l'extraordinaire, de Debussy à Disney en l'espace d'une minute.

Peut-être parce qu'en dépit de certitudes, on se fait de belles promesses.

Sûrement et tout simplement, parce que nous sommes de vraies amies...

« Merci pour ce super week-end, pour les pleurs et les rires, pour l'espoir, pour les rêves d'avenir...Merci d'accepter d'être le témoin de nos vies »
Chapitre 4...

# Posté le lundi 16 mars 2009 14:00

C'est la vie...

L'espoir, les illusions. Ca n'existe pas. C'est juste un moyen que le commun des mortels a trouvé, parfois choisi, pour se protéger de la vie. La vraie. Celle qui, insidieuse et parfois vicieuse, blesse et perturbe. Parce que soyez certains que derrière l'espoir se cachera toujours le désespoir, derrière l'illusion, la désillusion.
C'est comme ça et l'on n'y peut rien.

On nous apprend dès tout petit, à grandir dans du coton, on nous dépose sur le nez de jolies petites lunettes roses en forme de c½ur qui nous permettent de voir ce qu'il y a de meilleur et d'agréable.
On appelle ça l'enfance.

On raconte aux petites filles qu'elles sont de belles princesses, aux petits garçons qu'ils sont les preux chevaliers qui viendront les sauver. Les sauver de quoi je vous le demande ?
On nous fait croire au Père Noël, à la Petite Souris, aux contes de fées, aux « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ». Le vrai problème, c'est que l'on y croit vraiment. Pour un moment du moins...

Avec le temps arrivent immanquablement le premier amour platonique qui nous hante encore aujourd'hui, les grands-parents que l'on surprend posant des cadeaux sous le sapin, le JT du soir et son lot de mauvaises nouvelles, les séparations et les larmes.
On appelle ça grandir.

Et puis un jour, un beau jour on comprend. On comprend que la vie n'est pas faite de miracles mais de concessions. Que l'équilibre ne vient pas de l'entêtement mais de la nuance.
La nuance de savoir gérer ses amitiés sans oublier de vivre pour soi. La nuance de chercher à comprendre ce qui nous fait si mal, d'accepter que tout ne va pas toujours bien mais que, finalement, on fait de son mieux. La nuance de ne plus vouloir tout tout de suite mais d'apprendre à travailler dur pour l'obtenir. La nuance de le laisser partir quand l'histoire est finie. La nuance de séparer les moments où l'on se replonge dans nos chers « happy end » et « ever after » de ceux où l'on est solide et adulte.
On appelle ça les responsabilités...

Adulte. Ce mot si dur à l'oreille des enfants. Si douloureux aux miennes parfois encore.
Apprendre. Ce verbe si simple et si long à la fois. SI douloureux pour moi parfois.

Et apprécier cependant la richesse de tout ce qui nous est offert. Se réjouir d'un petit rien et ne pas oublier que tous les efforts mènent toujours quelque part. Accepter la difficulté et savoir reconnaître la beauté de ce qui nous entoure.
On appelle ça le bonheur.

Sécher ses larmes dans un sourire, se dire que finalement c'est pas si mal. Que les seules fins heureuses sont celles que l'on a décidé de se créer.

On appelle ça la vie... ;)



C'est la vie...

# Posté le jeudi 19 février 2009 16:44