Vendredi 10 Juillet 2009...

01h : Départ pour Francfort. Nous pas peur, nous aventurières, nous presque pas besoin de dormir !

04h30 : Aéroport. Notre mission consiste à trouver la gate C8 tout en gardant les yeux ouverts.

09h : Décollage imminent sur Air India. Folklore régional compris. Namasté, tenurs traditionnelles et déco bien kitsche. Dépaysées nous sommes, dommage, on s'attendrait presque à se retrouver en Inde à l'arrivée...

11h : Apéro. Incapable de dire ce que nous avons mangé. Genre de petits gâteaux secs à l'anis. Ni bon ni mauvais, mais on a faim.
Le repas suit. Poulet et riz épicé à l'extrême, forcément. Salade de concombres et poivrons fade, yaourt piquant, riz au lait insipide.

13h30 : Mal à la nuque. « Plus que » trois heures. Faisons passer le temps en regardant un merveilleux film à la Bollywood : une fille canon un peu niaise, cheveux toujours au vent. Trois mecs transits d'amour se la disputent. La tactique de deux d'entre eux consiste à se faire passer pour un couple de gays. Subtile mais pas forcément (pas du tout) efficace...chansons, danses, anglais et indien mélangé. J'attends la fin avec une impatience grandissante( !). Delphine est proche de la larme à l'½il. Je parie que ça finira bien...

13h32 : Fin. La fille niaise a choisi celui qui n'a pas menti sur ses penchants sexuels. Mais elle reste amie avec les deux faux gays. OUF ! Delphine a les yeux secs !

15h : Goûter. C'est sûr qu'avec tout ce qu'on se dépense on a bien besoin de se restaurer ! Club sandwich, jus d'orange, mini Milkyway. Je soupçonne les indiens de vouloir nous mettre au régime US...
Infos à l'écran : sommes au-dessus de Montréal (!!!), reste 1100km, planons à 10 400m au-dessus du sol, température extérieure de -57°, plus que 1h37 de vol.

15h30 : Premier exercice physique en 6h30. Avons marché dans l'allée ! Jusqu'aux toilettes. Situés trois rangs devant... La dame à côté de nous s'est commandé un verre de vin blanc. On ne se refuse sur Air India !

16h : Tiens, ça descend ! Et si on se mettait à l'heure locale ? Allez hop, il est 10h et la journée (re)commence...

10h50 : Enfin sorties de cet avion. Namasté beaucoup et à dans deux semaines ! Passage obligé par la douane. Evidemment on hérite de la file la plus lente. Quand c'est finalement notre tour, le douanier cherche l'amitié, nous fait la conversation, prend tout son temps, ma parole il me drague.
Bagages récupérés, on se précipite sur le sol américain, on respire le grand air, si je n'étais pas si raide, je me baisserais pour embrasser le sol. On se contente de se diriger vers le bus qui doit nous amener à New-York.
Amaizing choc en découvrant à la sortie d'un tunnel, une enfilade de buildings, décor surréaliste, presque celui d'un film. Ce qui se passe dans ma tête est difficilement descriptible. Je réalise juste ce qui se passe. Le gigantisme de cette ville me frappe. Regard à Delphine. Sourires. Plus besoin de mots à ce moment là.

14h30 : L'auberge de jeunesse est très sympa. Lumineuse, propre, spacieuse. Pas mécontentes d'être arrivées. Mais on ne traîne pas, le quartier de Harlem nous attend. On déambule dans les rues jusqu'à un restau cubain fort charmant.

18h : On se voit servir un poulet quasi entier dans une assiette de la taille de la table (ou presque). OK, les plats US taille XXL c'est pas une légende ! La panse bien remplie (on a laissé plus de la moitié), on prend un bus qui traverse la ville jusqu'à lower Manhattan. La clim est à fond, frigorifiées nous sommes ! On longe Central Park et le quartier résidentiel chic avec son lot de portiers en uniformes.

19h30 : Après avoir remonté la 5th Avenue et ses innombrables magasins de luxe, le « jet lag in your face » a raison de nous et nous aspirons juste à retrouver nos lits.

20h : Dans le métro. Je suis exténuée, voire de mauvaise humeur. C'est ce moment que choisit un musicien aux talents discutables pour se planter pile devant moi et jouer à la guitare en chantant d'une voix nasillarde « bessame, bessame muchooooo ». Please, for God's sake, SHUT UP !

21h30 : Enfin dans mon lit, je m'endors après la journée la plus longue de ma vie. Je suis à New-York...

Vendredi 10 Juillet 2009...
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# Posté le lundi 27 juillet 2009 10:00

Modifié le mardi 28 juillet 2009 13:36

New-York, New-York...

Quand on rêve très fort de quelque chose et qu'on l'obtient finalement, c'est parfois la déception qui prime...
Imaginez alors ce que l'on ressent quand ce que l'on a attendu des années, se révèle être au-delà de tout ce que l'on avait osé rêver...
Si on m'avait dit il y a 12 ans qu'à l'été 2009 je partagerais le plus extraordinaire des voyages avec celle qui signa nos débuts dans « L'Odyssée des deux tarées », j'aurais simplement adoré le croire.
Aujourd'hui, après ce qui restera l'un des plus grands chocs de ma vie, je peux t'affirmer Delphine que notre odyssée continue au-delà de tout ce que l'on avait imaginé...

NEW-YORK NEW-YORK...


Ce qui va suivre est le contenu fidèle de mon carnet de voyage, deux semaines au c½ur des Etats-Unis rendues quasi heure par heure au fil de mon ressenti. Je ne suis pas convaincue de l'intérêt qu'il pourrait vous procurer mais ne serait-ce que pour Delphine et moi, ce récit est la trace que non, ce n'était pas juste un rêve...
Je ne vous en tiendrai pas rigueur si vous ne faites que regarder les photos, et si vous avez le courage et la patience de tout lire, je vous en remercie et espère que mes mots vous rendront un peu de l'aventure que nous avons vécue... ;)

Enjoy,
Anne.

New-York, New-York...

# Posté le lundi 27 juillet 2009 09:45

Déclaration d'amitié...

J'ai définitivement refermé la porte de mon appartement lyonnais qui n'est désormais plus le mien. Ces murs qui garderont les secrets de deux années de la vie d'une étudiante un peu perdue.
Je suis contente de tourner enfin cette page, quitter tout ce qui m'a fait si mal ici.
Et pourtant, s'il y a une chose pour laquelle je serai éternellement reconnaissante envers cette école, c'est de t'avoir mise sur ma route, d'avoir su trouver ton amitié.

Et ça me fend le c½ur aujourd'hui de t'avoir dit au revoir sur ce quai de gare. Pas d'adieu hein, je n'aime pas ça, promets moi qu'on ne se perdra pas, promets le si fort que je l'entendrai jusque dans mon Alsace natale.

Je te dois tellement, bien plus que tu ne l'imagines sans doute.

Je garde ce fameux cours d'anglais, point de départ d'une amitié qui reste mon plus beau souvenir de l'EFAP. De ces amitiés qui s'invitent comme une évidence pour m'aider à survivre.
Parce que c'est bien ce que tu as fait pendant deux ans, m'aider à survivre dans cet environnement bizarre.
Je garde tous ces fous-rires, envers et contre tout ce que notre quotidien d'étudiantes nous a amené de déroutant...pff n'importe quoi...

Je garde toutes ces larmes que tu as su sécher d'un revers de main, mes colères que tu as su apaiser de mots réconfortants.

Je garde ce magnifique 10 janvier 2008 et mes 22 ans autour de ton gâteau au chocolat. C'est certainement ce soir-là que j'ai compris.

Je garde ta patience pour recoller les morceaux de mon c½ur brisé par une histoire d'amour comme on en fait beaucoup trop ces temps-ci.

Je garde ton regard encourageant quand je ne comptais plus les moments de découragement.

Je garde ton écoute si précieuse, ta compréhension si entière puisque probablement, tu es la seule à avoir vraiment compris...

Je garde nos après-midi shopping, nos conversations à bâton rompu, nos coups de gueule, nos projets pour demain.

Je garde ton extraordinaire ténacité qui m'a poussé à tenir jusqu'au bout.

Je garde ce diplôme qui me rappellera toute ma vie que ce n'est pas seule que j'y suis arrivée...

Je te garde toi, au fond de mon c½ur, pour m'accompagner dans cette vie qui m'attend...

Promets qu'on ne se perdra pas, promets le si fort que je l'entendrai jusque dans mon Alsace natale...


Merci !
A toi, Super Copine. ;)
Déclaration d'amitié...

# Posté le mercredi 01 juillet 2009 13:34

Modifié le jeudi 02 juillet 2009 14:23

Le premier jour du reste de ma vie...

Je suis diplômée. C'est officiel et définitif. On ne me l'enlèvera plus. Je suis diplômée.

Et maintenant ?

Je suis là, toute seule assise sur ma chaise, les yeux humides. J'attends de bien réaliser, je répète à haute voix « vous voyez, j'ai réussi ». J'ai toute cette colère accumulée pendant deux années pas très évidentes qui ressort. Il n'y a personne à la maison à qui je puisse l'annoncer, alors je suis là, comme une conne sur ma chaise et je le ressens. Ce grand vide qui s'ouvre en moi, cette infinité de possibles qui me tend les bras. Et m'effraie.

Serait-ce maintenant que commence ma vie ? Ma vraie vie ? Est-ce que ce sera plus facile maintenant ? Moins douloureux ? Je ne crois pas. Je sais que non. C'est ça qui me fait peur.

Je suis diplômée pour toujours. Je devrais sauter, crier, m'émerveiller. Mais non, je suis plantée là, le regard dans le vide et je me demande ce qui m'attend. J'ai hâte de le découvrir, de le prendre en main, enfin. Et ne plus jamais subir. Plus jamais. L'Efap m'a rendu plus forte. Moins naïve. Volontaire.

Je mesure tout le chemin qui reste à parcourir et je m'en moque. Désormais j'ai toute la vie.

Cette page que je tourne marque à jamais le premier jour du reste de ma vie...



A moi, pour que je n'oublie jamais.
A mon grand-père qui m'a dit un jour: "et par-dessus tout, vouloir"...
Le premier jour du reste de ma vie…

# Posté le vendredi 12 juin 2009 15:21

Le jour où la terre a tremblé...

On avait pris pour habitude depuis quelques années, à ne plus se surprendre, pire, à tomber dans l'habitude. Et l'on sait tous que laisser planer l'habitude, c'est le début de la fin.

L'an 2009 marque la fin de cette période calme de magnitude faible où tout était tennistiquement établi dès les premières heures de Roland Garros...

Cette année a donné du fil à retordre à tous les soldats de la terre battue. On se souvient de Mathilde Johansson qui perd sa bataille après avoir raté 8 balles de match...

On se souvient d'Amélie Mauresmo, qui, (encore) a échoué dès son entrée en lice...

On se souvient de Jocelyn Ouanna et Guillaume Rufin qui ont bousculé les pronostics...

On se souvient des adieux de Marat et de Fabrice...

On se souvient bien sûr et c'est là l'épicentre de la quinzaine, de la défaite en huitième du jusqu'alors invaincu Rafa Nadal...

On se souvient avoir cru qu'un Tsonga ou qu'un Monfils pouvait provoquer quelques secousses...

On se souvient des larmes de désespoir de Dinara Safina ratant à nouveau sa finale...

On se souvient enfin des larmes, de joie celles-là, de Roger Federer se laissant tomber à genoux sur la terre rouge qui jusque là se refusait à lui...

Et on se souviendra encore longtemps, de la légende qui s'écrit et du tennis qui peut faire trembler les c½urs...


Le jour où la terre a tremblé...

# Posté le lundi 08 juin 2009 07:01