Les vacances, par principe, je ne crache jamais dessus. Encore moins quand je pars à l'étranger pour m'imprégner d'une autre culture et de nouveaux horizons.
Jeudi dernier donc, c'est avec un plaisir non dissimulé que je me suis envolée pour la ville que l'on dit l'une des plus belles au monde : Prague.
J'emmène avec moi ma maman et ma mini cousine (à moins que ce ne soient elles qui m'aient emmené...) et nous décollons vers la République Tchèque.
1h10 plus tard, nous arrivons en pays étranger. A partir de cet instant, je me mets en mode international, ma mère ne parlant qu'un anglais trèèèèèèès approximatif et ma cousine n'apprenant encore que l'allemand...et non, le Tchèque ne fait pas partie de ma multitude de compétences, désolée ! ;)
Après avoir déposé nos affaires à l'hôtel, nous partons à l'assaut de la ville. Il fait un temps magnifique et la bonne humeur est de mise. Nous arrivons sur la place Wenceslas qui n'est pour ainsi dire pas extraordinaire...enfilade de grands magasins et de Macdo. Des trams d'un autre temps croisent notre chemin et nous errons entre les ruelles quand nous tombons sur la place de la vieille ville. Pas moins de trois églises, une statue monumentale au centre de la place, une horloge astronomique et des maisons aux façades surprenantes de minutie. Nous en sommes là de notre étonnement, quand j'avise une foule amassée devant la tour de l'horloge. J'ose un « oh y'a des gens là-bas, il doit se passer quelque chose... ». Maman se retourne, répond « tiens oui », commence à se diriger vers le lieu d'intrigue quand soudain elle sursaute et s'écrie « aaaah mais ouiiiii il est 20h, l'horloge se met en route !!! », et se met à courir frénétiquement. Evidemment nous arrivons au dernier coup de cloche. Et la déception de ma maman me fait rire ; parfois elle n'a pas beaucoup plus de 10 ans (jeunesse éternelle quand tu nous tiens !).
Toutes ces émotions ça creuse, et nous nous installons dans un restaurant conceptuellement très sympathique. Appelé « Luis Armstrong », il se trouve dans un caveau où le mot d'ordre est le jazz. De la musique au piano accroché au plafond (si si), rien ne manque à recréer une ambiance calfeutrée.
Et puis nous sommes dans le pays des plus gros consommateurs de bière au monde, donc pas d'autre choix que de se mettre aux couleurs locales en goûtant à la fameuse Pilsner Urquell. J'initie ma cousine aux joies de l'alcool (avec modération toujours !^^) et la soirée se termine dans l'allégresse et les fous rires quand nous tentons de déchiffrer les noms des rues (sont fous ces tchèques, leurs mots ils ont que des consonnes !).
Vendredi, levées à l'aube pour une longue journée touristique sous un soleil radieux. A 9h30 nous rejoignons la place de la veille où nous assistons cette fois au spectacle de l'horloge. 45 secondes à voir défiler les apôtres pendant qu'un squelette sonne les carillons, et achevé par le cri d'u coq qui ne ressemble à rien. Ce fût plutôt comique !
Après avoir visité toutes les basiliques et églises du quartier, on s'aperçoit vite que cette ville est d'une richesse rare. Un décor de théâtre, une atmosphère presque surréaliste pas loin des contes de Walt Disney...
A mon grand désarroi nous ne nous arrêtons pas au musée des « sex machines » qui me semblait pourtant fort intéressant...la prochaine fois je viendrai sans mineure qui me demande « y'a quoi dans le musée des sex machines Anne ? et « censuré » ça veut dire quoi ? hein, dis dis dis ! ». Charmante enfant...
A midi, nous faisons connaissance de la guide qui nous baladera pour l'après-midi. Elle s'appelle Liba, elle a de la moustache, et il faut se concentrer pour comprendre son Français. Mais elle nous apprend moult faits historiques qui viennent éclairer nos lanternes. Ainsi, nous passons devant la maison natale de Franz Kafka (célèbre écrivain que vous connaissez tous je suis sûre...), le théâtre où Mozart donna la Première de son Don Giovanni (oui, Don Juan), la tour de la poudrière qui est le dernier vestige des remparts de la ville, le quartier Juif avec ses cinq synagogues et son cimetière où des centaines de milliers de pierres tombales se chevauchent dans un bordel impressionnant, et bien sûr le magnifique Pont Charles qui fait la renommée de Prague. De l'autre côté de la Vltava (le fleuve...autrement appelé Moldau...parce que bonjour pour dire Vltava sans se tromper...), nous passons devant le restaurant gastronomique où Johnny Depp et Robbie Williams ont pour habitude de séjourner (oui mesdemoiselles, vous comprendrez mon émoi devant un tel endroit ! lol), et nous nous arrêtons devant un mur coloré tagué en hommage à John Lennon dont la statue nous jauge.
Et puis nous terminons la visite guidée par une énième basilique. Il est 15h et nous sommes tout simplement épuisées.
Après avoir quitté Liba, nous nous posons gentiment à une terrasse où un repas frugal est le bienvenu. J'ai les pieds dans un état pitoyable et ma démarche est proche de celle du pingouin quand nous reprenons notre balade une heure plus tard.
En admirant les murs d'une très belle synagogue, assises sur une marche et les traits tirés, nous voyons un gugus s'approcher de nous et nous dire dans un sourire « ça fatigue le tourisme hein ? ». Maman, un peu à côté de ses pompes il faut l'avouer, avise le monsieur et lui rétorque « please ? ». L'autre : « ah vous ne parlez pas Français ? », et maman « ah mais si complètement ». c'est pour ça que je l'aime ma mère ; tellement fatiguée qu'elle n'est plus capable de reconnaître sa propre langue natale. Lol
Une bonne centaine de kilomètres plus tard, il est déjà 19h et nous prenons place dans un salon luxueux où nous assistons à un concert classique. Prague étant une ville de musique, nous nous devions d'élargir notre visite à un spectacle auditif.
Que les choses soient claires, je ne suis pas vraiment férue de musique classique, mais j'ai beaucoup aimé cet intermède. Les musiciens et leur prodigieuse harmonie ont réussi à me faire frissonner. Et en plus je connaissais presque toutes les mélodies : Mozart, Bach, Vivaldi...autant de grands noms qui continuent d'exister par les notes qu'ils ont écrites il y a des siècles.
En sortant cependant, tout le monde s'accorde pour dire que nous n'avons plus une once de courage à crapahuter encore à droite à gauche et la seule chose dont nous rêvons est notre lit. Direction l'hôtel donc, après une journée bien remplie...
Samedi, c'est sous un véritable déluge que nous nous réveillons. Damned. Mais nous toujours aventurières même si courbaturées de partout, on reprend la route sous la pluie. C'est alors que maman sort son parapluie. Rouge. Avec le drapeau suisse. Re damned ! lol
Mais force m'est de constater qu'il nous est de grande utilité... « hop Suisse » il paraît. ;)
Le programme du jour : grimper sur la colline où siège le château pour en visiter les alentours. Détour par une basilique d'abord où nous découvrons une bibliothèque gigantesque ressemblant trait pour trait à celle de « La Belle et la Bête » (Disney toujours...toute mon enfance !).
La vue de là-haut serait somptueuse si le temps n'était pas aussi triste. Il pleut si fort que nous nous dépêchons de nous mettre à l'abri au château. Un portail imposant avec des colosses surplombant les éternels gardes imperturbables (en uniforme bien sûr...Nenesse, petite pensée pour toi ! héhé).
Le site est tellement grand que nous peinons à nous y retrouver sur le plan qui nous a été donné. Une cathédrale impérieuse du sommet de laquelle Prague s'étend, une « ruelle d'or » où de ravissantes petites maisons colorées s'enchaînent, un donjon aux restes d'instruments de torture et que sais-je encore. Il y a tant de choses à voir que nous y passons la journée.
Nous regagnons finalement le centre-ville à pieds (toujours sous la pluie, et par conséquent toujours sous notre parapluie), prenons une pause bien méritée dans un très joli petit bar et réfléchissons au restau que nous voulons tester deux heures plus tard.
Nous arrêtons notre choix sur le « U Modré Kachnicky » (le Canard Bleu...faut le savoir hein) et nous avons bien fait. Les plats tchèques sont délicieux et nous nous enivrons d'une ultime bière pour cette dernière soirée en terre de Bohème.
Dimanche matin, il est déjà temps de retourner à l'aéroport...Ce court séjour a été une jolie parenthèse à mes vacances et Prague restera effectivement pour moi, l'une des plus belles villes au monde...