Mais voilà il y a quelques jours une collègue de tennis de Nikou lui a demandé si elle ne voulait pas l'accompagner au festival Décibulles, voir le chanteur suscité...eh, vous nous connaissez, nous et nos grands c½urs, on n'a pas osé dire non. Parfois le sacrifice a du bon...
Hier donc, notre petit trio prend la route, direction Neuve-Eglise (pas loin de St-Dié des Vosges...je parie que ça ne vous parle pas beaucoup plus.lol), notre principale angoisse résidant dans le ciel gris (noir ?) menaçant qui surplombe nos têtes...un festival sous des trombes d'eau, curieusement, ça ne nous botte que moyennement.
C'est grâce à la fiabilité déroutante du GPS de Laëtitia que nous arrivons dans le coin le plus perdu de France. Des gentils jeunes hommes (ou pas) nous font nous garer dans un pré, non sans difficulté (attention au bas de caisse surtout, attention !!!^^) et nous nous dirigeons vers le lieu des festivités.
Et c'est peu dire qu'il faut le mériter. Une côte énooooooooooorme (j'exagère un chouilla. Mais un chouilla seulement.) à gravir avant d'accéder à la scène située en plein champs, au milieu des collines Vosgiennes (d'où mon délire champêtre du début). Le chemin est tout d'herbe parsemé, et comme de juste, à la deuxième foulée, je manque de me fouler la cheville dans un trou. Heureusement (où malheureusement c'est selon), un gus de la sécurité se précipite sur moi en hurlant « oulaaaaaa attentionnnnn mademoiseeeeeeeeeelle » comme si je venais de choir dans un ravin de 10 mètres...ça va calmez-vous, je gère, c'était qu'un bébé trou !
Nikou quant à elle, grannnde invalide en cette journée pour cause de contracture à la cuisse et de bobo à l'épaule (on ne rigole pas avec les contractures de cuisse !), peine dans l'ascension du « sommet ». C'est après dix bonnes et cruellement longues minutes que s'offre à nos yeux épuisés, le site où se déroulera notre soirée. Il est 18h30, cinq artistes sont prévus jusqu'à deux heures du matin, Christophe Maé étant programmé à 22h30. Il n'y a presque personne d'amassé devant la scène où un jeune homme mal à l'aise surnommé « T. » tente de galvaniser les foules de sa musique, pourtant sympathique. Seules les pré-ados en manque de moins de 15 ans attendant l'ex Monsieur Roi Soleil s'agrippent ferme à leur premier rang. Dieu que ce spectacle est affligeant !
Pour la peine, nous allons nous restaurer un brin avant de débuter notre sitting (ou notre « standing » plutôt).
Alors que T. nous murmure d'un ton gêné, presque en s'excusant « merci de m'avoir écouté, vous savez si vous voulez, enfin peut-être, vous pouvez acheter mon album là-bas »...ah ben ouais mon grand y'a pas plus vendeur que ça !
La demi-heure qui suit se passe sous la pluie battante. Super. Heureusement que nous avions prévu le parapluie. Et sachez que c'est un atout séduction non négligeable par intempéries. En une fraction de seconde, quatre garçons se sont collés à moi telles les abeilles sur le miel pour être au sec. Je zappe le fait qu'il n'ont guerre plus de 14 ans et qu'ils m'ont presque éjectée de mon propre parapluie...
Une fille avec qui nous avions presque sympathisé nous demande pour qui nous sommes là, ce à quoi je réponds « je l'avoue, c'est pour Christophe Maé ». Elle : « ah ouais quand même ». Moi : « personne n'est parfait hein ». Elle, sur un ton frôlant l'insolence (et la bêtise) : « oui enfin là c'est quand même un très très gros défaut »...sans commentaire. Je me garderai bien de toute réflexion, je me contenterai de l'apercevoir applaudir et danser sur les mélodies de Christophe, plus tard dans la soirée...
Ceci étant dit, l'averse s'arrête juste avant que n'entre en scène le prochain groupe : Cocoon.
Je me DOIS de leur consacrer au moins un paragraphe, tant ils m'ont impressionnée.
Ils sont deux, Morgane et Marc. Elle au clavier, lui à la guitare (et au ukulélé). Mettons les choses au clair, ils sont incroyablement sexy. Surtout lui, forcément. Grand brun aux cheveux en bataille, l'½il pétillant et la fossette irrésistible. Quand en plus il se met à chanter dans un anglais so cute, je suis déjà amoureuse. Lol
Des mélodies très douces mais terriblement efficaces, l'association de leurs voix créent une rare harmonie qui me parcours de frissons. Sans oublier l'humour corrosif dont le chanteur fait preuve. Ce sont assez d'arguments pour postuler au mariage !^^
Bon, il faut admettre que les titres de leurs chansons sont des plus improbables (« I don't give a shit », « Sushi », « Paper boat », « Chupee ») mais les justifications données à de tels titres sont d'autant plus hilarantes...
Et puis ils doivent bénéficier de très très gros moyens pour avoir accroché à leurs instruments, des peluches de panda, cheval et bébé phoque...impressionnant, vraiment. Pas étonnant ceci dit, leur tournée s'intitule « Panda tour »...
Bref, le beau Marc remporte tous les suffrages et nous nous jurons d'acheter leur album au plus vite (ce sera chose faite moins de 24h après LA rencontre musicale)...
Moins de trente minutes après le départ du joli duo, s'amène Rhésus. Du rock, du vrai. Avec ce qu'il comprend de chanteur détraqué aux cheveux gras, de bière fièrement brandie entre chaque morceau, de pogos agaçants et surtout, de son tellement saturé qu'on n'entend même pas les paroles. Ce qui est dommage, étant donné que la musique en elle-même n'est pas mauvaise. Mais il est très désagréable de se sentir vibrer de l'intérieur tant les percu sont fortes. A tel point que pour la première fois de ma vie je suis obligée de me boucher les oreilles afin de préserver mes tympans. Et je vous assure que je n'étais pas la seule...
Le chanteur se tort dans des grimaces et des cris tels que Nikou se penche vers moi pour me dire, inquiète « j'te jure qu'il me fait peur ! Surtout quand il tente une approche sur le devant de la scène ». Son cas ne s'arrange pas quand, cynique, il dit avant sa dernière chanson « je sais bien que vous attendez toutes Christophe Maé [hurlements des jeunes pucelles du premier rang] alors Christophe, cette chanson est pour toi »...
ENFIN, le groupe débarrasse le plancher et les organisateurs s'empressent de mettre en place le décor du suivant...
Ils ont beau le traiter de chanteur à minettes, de produit marketing, de non-artiste, il n'y a plus un centimètre carré d'herbe de libre avant que n'arrive le fameux Christophe Maé...
A 22h35, les palmiers, les peluches, les grosses fleurs et la cabane sont en place. Ce décor qui m'est familier. Je me dis tout de même un instant que cette fois je le connais par c½ur ce spectacle et que mon addiction atteint peut-être une certaine maturité. Quand il pousse enfin la porte de son cabanon, capuchonné et guitare à la main, c'est une horde d'applaudissements qui s'élève dans les airs. Il semble un peu perdu, moins assuré qu'à son habitude, comme si le fait de savoir que les personnes présentes ce soir là ne sont pas vraiment son public habituel et qu'il va falloir les séduire l'effraie un peu.
Mais au bout de deux chansons, c'est son propre plaisir de jouer sa musique qui le transcende et comme à chaque fois, il nous transcende. Tous sautent sur place, dansent, chantent, sourient, l'acclament. Pari gagné ?
Sa bande de zicos est toujours aussi brillante, je suis une fan absolue du grand Albert qui dégage une telle chaleur humaine. On en prend plein les yeux, plein les oreilles.
Pendant près de deux heures de show entraînant Christophe Maé s'est érigé en roi de Décibulles. Je l'ai senti vraiment touché, vraiment heureux, il ne voulait plus partir, plus que d'habitude...
Voilà je ne vais pas plus vous bassiner, vous savez ce que je pense, je suis juste fière si il a pu casser cette image galvaudée le temps d'une soirée.
Et je suis contente aussi que Nikou et Laëtitia aient adoré ce concert... ;)
Le retour vers la voiture se fait dans la bonne humeur malgré l'herbe glissante, le manque notoire de lumière, les trous toujours plus nombreux et les innombrables courbatures qui se réveillent après des heures d'attente. Le jeu le plus rigolo (ou pas), fut de retrouver la voiture sur un parking non éclairé à une heure du matin. Le comique de l'histoire revient à la pauvre demoiselle qui pleurait presque en disant qu'elle cherchait désespérément sa voiture depuis vingt minutes...Nikou, toujours très sympa, lui lancera un « bon courage et peut-être à l'année prochaine si vous l'avez pas retrouvé d'ici là ! » alors que nous nous asseyons confortablement dans le véhicule de Laëtitia...lol
Après avoir croisé des renards écrasés et un drôle de chat ?renard ?lapin ? (on ne saura jamais lol) sur une route peu rassurante nous retrouvons finalement nos lits avec un bonheur non dissimulé.
A l'heure d'aujourd'hui, point de nostalgie ou de dépression post-concert (ça fait un moment que je suis guérie de ce genre de symptômes), juste le sentiment d'avoir passé, une fois de plus, une soirée exceptionnelle!



