Puisqu'à maintes reprises, mes supplications, mises en garde et autres pétages de plombs bien sonores n'ont à ce jour porté aucun fruit, je préfère cette fois me reclure derrière l'écran de mon ordinateur pour y déverser mon flot de frustration, d'incompréhension et de désespoir. Peut-être ici y serais-je enfin entendue...
Et pour cause, c'est à la femme, la s½ur, la petite amie ou encore la colocataire d'un représentant du sexe fort (?!) que je m'adresse aujourd'hui. Après des années de conciliation, concession, compréhension et de bien d'autres longs mots en - sion-, je ne vois aujourd'hui plus que la solidarité féminine pour faire bloc face à la maladie des temps modernes (voire des temps très anciens) qui frappe de plein fouet nos chers et tendres: la fainéantise suraiguë.
Vaste fléau que ce poil (que dis-je, baobab !) qui ronge le creux de la main des hommes de nos vies. Mais soyons un brin réaliste. Nous ne sommes pas faits pareil. Non, eux ils sont XY, nous sommes XX. Et même si vous n'êtes pas scientifiques pour un rond, je ne vous apprendrai pas qu'on ne lutte pas contre la génétique. Et pourtant le Y, il a deux bras LUI...
Mais voilà, il doit y avoir quelque chose de dégradant dans le fondement propre de l'identité virile que se fait un homme de lui-même, dans toute tâche qui pourrait nous faciliter la vie à nous, pauvres femmes asservies.
Après tout, pour être honnête, ça demande une force mentale et physique presque insurmontable de déposer son assiette dans le lave-vaisselle, remettre la bouteille de Coca au frigo après s'être servi un verre, jeter son paquet de clopes vide dans la poubelle, éviter de transformer la salle de bains en piscine à chaque douche, songer à ne pas claquer violemment les portes quand on quitte une pièce à une heure du matin alors que tout un chacun dort profondément, etc, etc, etc...
La liste est longue mais ne les accablons pas trop. Ils sont forts, ils sont beaux, affectueux (parfois) et sans eux, notre quotidien serait tellement plus morne. Oui, parce que vous vous imaginez vivre dans un endroit toujours bien rangé, qui sent bon et où ça ne crie jamais, vous ? Non, quelle horreur, vous n'y pensez pas.
Et puis au fond c'est aussi pour ça qu'on les aime, grâce à eux on se sent utiles, remplies d'une mission pour laquelle nous avons été programmées (contre notre volonté, forcément).
C'est gratifiant finalement de savoir reconnaître le propre du sale, le rangé du foutoir, le cuisiné du carbonisé, le décoré du « posé-là ».
En étant tout à fait honnête aussi, nous admettrons volontiers que l'homme de nos rêves affublé d'un tablier et de gants de vaisselle affairé à l'évier est nettement moins viril et glamour que de le voir déboulé d'un pas nonchalant, les bras luisants de sueur dans un bleu de travail saillant et noir de cambouis...
Mais là où la chose devient risible, voire carrément ridicule, c'est quand le mâle tombe malade. Et qu'il ose nous dire à nous, qui endurons la souffrance de l'accouchement, les douleurs prémenstruelles et les talons aiguille, un truc du genre : « aaaaah j'me sens pas bien j'crois que je couve une grippe, aaaaaah j'ai maaaaal, j'vais m'allonger un peu c'est plus prudent. Aaaaaaah je souffre, je....zzzzzzzzzz ».
Heureusement il nous reste l'amour pour aider à faire passer la pillule.
Du moins au début. Parce que quand ils restent suffisamment longtemps pour passer votre porte, ils se confondent en petites attentions plus que charmantes, de la cuisine à la vaisselle en passant par les bougies parfumées. Et non, mon vécu personnel n'a rien à voir là-dedans. Ou si peu. Lol
Par la suite, en général, soit ils trouvent que le canapé est plus confo chez la voisine, soit le notre leur convient tellement qu'ils n'en bougent plus jamais...
« Mon homme sweet homme, il faudrait faire l'amour et la poussière... »

