Les histoires d'amour finissent mal, en général. Alors pourquoi Grand Dieu, coure-t-on tellement après ?
Et comment on fait pour croire après un, trois, cinq toquards, que le prochain pourrait être « celui-là » ? Pourquoi pendant que les copines s'installent avec Chéri et me demandent d'être témoin à leur mariage, moi je leur demande combien de rencards je suis supposée encore attendre avant de céder aux avances de Bogosse n°6841 ? Et surtout, pourquoi je m'entiche toujours du mec qui n'en a rien à foutre, qui est marié, gay, à l'autre bout du monde, réservé par meilleure amie ?
C'est une vraie problématique quand on y pense. Et le pire, c'est que personne ne me force à succomber aux charmes de Crevard n°12. Personne ne m'a demandé de me lancer dans un énième marasme amoureux. Pire, je sais que je ne devrais pas foncer, que l'échec est inévitable, que ce mec là est tout sauf recommandable (puisque trop rien à foutre, marié, gay, à l'autre bout du monde, réservé par meilleure amie). Le problème viendrait-il alors de moi ?
Garder un garçon pendant une nuit, deux, quelques mois, j'y suis arrivée. Mais certainement pas parce que je les tenais par les sentiments. Non, en général ça se passe un peu plus bas...
Mais l'amour guimauve, le pathos extrême, les surnoms ridicules, les relations exclusives où
plus rien ni personne n'existe excepté Amour, les projets de vacances au Club Med avec les trois marmots, les crédits sur 35 ans, les lessives quotidiennes et les courses en famille, aussi fou que ça puisse paraître, ça ne m'excite pas une nanoseconde.
Moi j'aime la passion dévorante, le frisson de l'interdit, la magie de l'alchimie. Je veux pouvoir passer des week-ends entiers sans quitter la chambre, et avoir pour seule préoccupation de savoir si on commande chinois ou italien. Et je veux qu'on arrête de me parler stabilité, engagement, famille.
Pourtant, je ne dis pas que je refuse de rejoindre le club des grandes amoureuses, je dis juste que pour l'instant, j'en suis incapable. Bien sûr, j'aimerais arrêter d'être en colère contre les hommes en général, ceux qui me plaisent en particulier; j'aimerais cesser de leur faire payer des blessures dont ils ne sont pas (toujours) responsables. J'aimerais oser baisser ma garde et accepter de devenir raisonnable.
Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, je vis.
"Les raisonnables ont duré, les passionnés ont vécu."







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